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On ignore tout de MIchel Desbastilles, mais  la Musardine laisse entendre qu’il pourrait être  le protagoniste de ce  roman des plus touchants, qui pose une question cruciale, Quid de la sexualité et de l’amour de nos aînés ?

Sujet encore et toujours tabou, à tel point que le simple fait d’énoncer cela est éculé, cette sexualité nous fait peur. On ne peut ni ne veut l’envisager, on refuse de s’y confronter alors même et que justement elle nous concernera un jour prochain.

On peut donc saluer le courage de l’auteur de l’avoir abordé, d’autant plus si cela le concerne. Michel Desbastilles fait cela avec un grand talent. Son propos est délicat et touchant, mais aussi plein d’espoir. Mêlant érotisme et sentiments, réalité biologique et psychologie des personnages, il nous embarque et fait tomber immédiatement toute appréhension.

Le style est vif, les chapitres sont brefs et les descriptions érotiques sont d’une grande netteté.  Le propos est cru, mais jamais gratuit ni provocateur. Aucun pathos, la problématique de l’âge est évoquée sans amertume ni appesantissement. Alors que les scènes de sexe se suivent, le lecteur n’a jamais une sensation de lassitude ou de répétition. L’auteur évite tous les écueils.

Ce roman rassure : oui on peut séduire à plus de 60 ans, oui il est possible de s’épanouir sexuellement à cet âge là et d’apprendre encore. Oui malgré l’impuissance liée à une ablation de la prostate, un homme peut prendre du plaisir et en donner. Oui, il est possible de croire encore à l’amour, avec tout ce que ce verbe comporte d’illusoire à tous les âges.

Michel Desbastilles nous embarque, nous rassure et nous humanise face à la problématique du temps qui passe et du désir qui persiste. Une fois ouvert, c’est avec bonheur que l’on dévore l’ouvrage.

L’AMOUR SUR LE TARD

DESBASTILLES MICHEL

LA MUSARDINE

144 pages
Référence : P00414

L’AMOUR SUR LE TARD


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Jean Louis de Valle est photographe, il a publié, entre autres, plusieurs ouvrages de photos de nu. Il nous propose un guide très complet pour réussir nos clichés en général et nos prises de vue érotiques en particulier.

Il définit pour nous les différents genres de la photo ayant trait à la sexualité (érotique, pornographique, fétichiste). Il nous conseille sur le type d’appareil photo (argentique, numérique, reflex…) et les objectifs.

Il nous explique ensuite comment soigner l’éclairage, choisir le décor, la prise de vue et où trouver des modèles. Puis, l’auteur consacre bien sûr un chapitre aux selfies tellement répandus aujourd’hui et au traitement de l’image sur l’ordinateur et par un professionnel.

Enfin, Jean Louis del Valle, nous met en garde contre les erreurs si vite arrivées avec les téléphones portables, bien vérifier le destinataire de la photo coquine avant d’envoyer 🙂 et nous rappelle le cadre de la loi du droit à l’image pour la diffusion des clichés.

Le tout est illustré non seulement par des dessins d’Alex Varenne, auteur de BD érotiques, mais aussi par des témoignages de modèles et de quelques repères historiques et anecdotes.

Bref, il s’agit à la fois d’un livre ludique et didactique qui permettra à chacun d’améliorer ses photos perso ou de se lancer dans un travail plus artistique.

OSEZ LA PHOTOGRAPHIE EROTIQUE

DELVALLE JEAN-LOUIS

Osez

LA MUSARDINE

Format : 110*175
256 pages
Référence : P00409

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Michèle Larue à la fois sinologue, journaliste et documentaliste dans le domaine de la sexualité, pratique les arts martiaux depuis 25 ans. Grâce à ce riche et passionnant parcours, elle nous offre aujourd’hui un guide précieux pour se connecter à soi et à l’autre.

C’est une philosophie, un état d’esprit que nous fait découvrir l’auteur. Elle nous enseigne l’art de la respiration, du toucher et nous explique les différents objectifs du massage tantrique pour choisir le plus adapté à nos besoins.

Les chapitres suivants sont dédiés aux massages en couple pour arriver aux pratiques sexuelles, en solo ou à deux.

Selon moi cet ouvrage est un outil de valeur, car complet. Les Occidentaux fantasment sur le tantrisme n’y voyant qu’un truchement, un prétexte à plus de plaisir sexuel. C’est très réducteur. Il s’agit d’une pensée pour se (re-)connecter à soi,  (re-)connaitre son corps et pouvoir rencontrer l’autre dans les meilleures dispositions spirituelles et physiques possibles. Clair et bien illustré, ce livre est à découvrir pour réconcilier le corps et l’esprit, qu’on soit seul ou en couple.

L’ART DU MASSAGE TANTRIQUE

ET CACHEMIRIEN

LARUE MICHELE

LA MUSARDINE

Format : 160*215
256 pages
Référence : P00404

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Qui était vraiment Giacomo Casanova ? Un Vénitien, fils de comédiens, selon ce qu’il dit dans son autobiographie. Il deviendra l’élève de l’Abbé Grimani (pour certains le frère du véritable père de Giacomo). Sa carrière d’ecclésiastique tournera court. Dès lors, il vivra d’expédients, d’escroqueries et fréquentera assidûment  les tables de jeu. Il connaîtra la prison, s’évadera, et voyageant beaucoup, il fréquentera les cours européennes. Prétendant posséder des pouvoirs occultes, il « sauve » le sénateur vénitien Bragadin, qui deviendra le débiteur de Casanova qui mène grand train. L’aventurier narre page après page sa vie amoureuse, tumultueuse et foisonnante. On y découvre bien sûr un homme roué qui use d’artifices et de discours spécieux pour obtenir les grâces de celles qu’il convoite. Mais, aveuglé par le désir, il se croit bien souvent sincèrement amoureux. Il sera d’ailleurs victime de ses ardeurs, tombant sous le charme d’une certaine Charpillon qui le poussera au bord du suicide à force de manipulations.

A travers le récit de ce séducteur, ce sont les mœurs du XVIIIe siècle que l’on découvre. On y voit une société, qui pour maintenir une façade de moralité n’hésite pas à pervertir le religieux. Ainsi, les couvents sont utilisés pour cacher les grossesses hors mariage de jeunes filles de bonne famille. Elles viennent y dissimuler leur état et accoucher en secret d’un enfant qu’elles abandonnent. Dans le même temps, les bonnes sœurs enceintes sont éloignées avant de revenir au sein de leur congrégation comme si de rien n’était. D’ailleurs, c’est avec la nonne M. M. que Casanova connaîtra une de ses plus longues et brûlantes histoires. On apprend aussi quels étaient les moyens utilisés à l’époque pour faire avorter les femmes ayant fauté. Le séducteur proposera à l’une d’entre elles l’aroph, à l’origine : des fleurs préparées avec beaucoup d’art, d’une manière chimique, par la sublimation de la pierre hématite & du sel ammoniacCasanova  se contentera de miel et d’épices, sont but étant non pas d’aider la malheureuse à avorter, mais de profiter de son désarroi pour assouvir ses désirs. En effet, nuit après nuit, il appliquera le mélange à sa victime à l’aide de son propre appendice. On fait également la connaissance d’une « petite maîtresse » de Louis XV, Marie-Louise O’Morphi. Selon Casanova, il l’aurait rencontrée le premier. Le roi à la vue d’un tableau de celle-ci réalisé à la demande de Giacomo, aurait demandé « à rencontrer l’original ». Louis XV en fera sa maîtresse. Elle deviendra également à la demande de celui-ci, le modèle du peintre Francois Boucher. Répudiée, elle sera anoblie pour lui permettre un mariage arrangé par la Pompadour, avec le seigneur d’Ayat.

Enfin au delà de la vie rocambolesque et romanesque du séducteur et de l’aspect historique, on prend plaisir à lire ses mémoires dans une langue qui est belle, imagée et dont on constate l’évolution. Entre autres, on s’amuse d’y trouver l’expression « Faire la bête à deux dos » et j’aime quand il parle « d’état de nature » pour évoquer la nudité. On mesure aussi l’esprit dont on faisait preuve à l’époque dans le monde, avec les joutes verbales auxquelles se livraient les protagonistes.

AVENTURES D’AMOUR A TRAVERS L’EUROPE

CASANOVA

Lectures Amoureuses

LA MUSARDINE

Format : 110*178
512 pages
Référence : S00198

M030901-352x500arc Lemonier, dont je parle régulièrement ici, nous propose une rétrospective de l’évolution des mœurs sexuelles en France, de 1954-1986. C’est un voyage extrêmement documenté. En effet, chaque période est illustrée d’affiches de films, de coupures de journaux, de pochettes de disques et de photos du moment. On saisit ainsi les transformations dans la manière dont on a appréhendé la question sexuelle dans l’Hexagone. C’est à la fois une lecture un peu nostalgique, historique et ludique. Cette mise en perspective nous permet de mesurer le chemin parcouru pour parvenir, avant l’apparition du VIH, à une époque où le sexe pouvait se pratiquer de façon insouciante, plus libre et décomplexée que jamais auparavant. C’est aussi l’occasion de prendre conscience de ce qui pèse aujourd’hui sur notre sexualité : risque de VIH et retour de la morale catho pudibonde et rétrograde, dont une frange de représentants, radicaux et béni-oui-oui, voudrait revenir sur le droit à l’avortement ou le mariage pour tous. Ce sont les mêmes personnes qui s’offusquent de manière grotesque d’une oeuvre d’art qui leur évoque un préservatif, d’une exposition éducative sur la sexualité, d’une publicité pour un site de rencontres ou d’un dessin animé représentant une aventure entre  une tranche de pain de mie et une saucisse ! 

Pour tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans cet obscurantisme d’un autre âge, je ne saurais trop recommander la lecture de cet album joyeux et plein d’enseignement. Une chouette idée de cadeau en cette fin d’année.

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, SEXUALITÉ

RÉVOLUTIONS SEXUELLES EN FRANCE 1954-1986

LEMONIER MARC

LA MUSARDINE

Format : 210*297
Reliure : Cartonné couleur
192 pages
Référence : P00373


Ce fut une soirée tout à fait réussie, avec des intervenants au point de vue intéressant : Brigitte Lahaie, toujours belle, venue présenter un calendrier regroupant 12 de ses plus belles photos, Julia Palombe épanouie et assumée et Marc Lemonier, passionné par son sujet. En substance, Julia Palombe fait valoir des relations sexuelles de qualité, plutôt que la quantité. Son ouvrage Au lit citoyens ! défend une société dans laquelle le sexe et la jouissance seraient ce qui nous rassemble. Elle dénonce une sexualité consumériste et stéréotypée qui enferme le sujet, et particulièrement la femme, dans des modèles imposés. En cela, elle est rejointe par Brigitte Lahaie, qui explique qu’elle n’est pas contre le porno, mais contre sa diffusion aux plus jeunes. Elle estime que le porno de masse tue le fantasme et impose des poncifs. De jeunes hommes lui confient leur surprise face à un sexe féminin non rasé qui les déroutent, leur incapacité à jouir en faisant l’amour avec une femme, tant ils se sont masturbés devant du porno : le vagin ne serre pas assez… Son discours s’oppose à celui du psychanalyste Eric Bidaud, qui estime, en théorie, que le porno sur les jeunes n’est pas « fantasmicide ». Enfin, Marc Lemonier, avec son nouveau livre « Liberté, égalité, sexualité », retrace les étapes de la libération sexuelle en France de 1954 à 1986, la période bénie où il n’y avait plus de combats à mener, (je chroniquerai ultérieurement son livre), qui contraste avec l’époque actuelle et les menaces qui pèsent sur ce que nous pensions acquis.

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Le psychanalyste Eric Bidaud s’interroge sur ce que sa discipline a à dire au sujet de la pornographie dans la société actuelle. Le fait qu’on se tourne vers la psychanalyse pour savoir si la pornographie en accès libre nuit à la jeunesse l’interpelle. En quoi la psychanalyse serait-elle plus légitime qu’une autre spécialité pour répondre à cette question ? Ce n’est pas une sexologie rappelle t-il. De surcroît, l’auteur estime que le champ psychanalytique peine à étudier les mutations de la sexualité. Il en veut pour preuve l’absence de débats à ce sujet lors des séminaires de psychanalyse devenus, dit-il, très chastes. Il souligne également que la « dépathologisation » de l’homosexualité et du transsexualisme  n’est pas venue de la psychanalyse mais du militantisme de ceux qui les vivent. Autre limite soulevée :  Quid des positions névrotiques de l’analyste interrogé ? Enfin, ce spécialiste rappelle que la psychanalyse n’a pas vocation à servir de caution aux  les décisions législatives.

Eric Bidaud nous dit que la psychanalyse s’est peu intéressé à la diffusion de la pornographie sur la toile sauf à dire les risques d’addictions possibles, le danger d’un l’appauvrissement fantasmatique chez le spectateur, l’abolissement du refoulement et un éventuel empêchement à voir ensuite la beauté de la sexualité. Ce sont là les quelques réflexions existantes en la matière. Mais pour F. Vörös, rien de bien nouveau. Pornographie et hypersexualité, troubles du comportement sexuel, comportement sexuel compulsif, furent des concepts construits dans les années 70 au moment de la libération sexuelle. Pour lui cette valse de terminologies interchangeables en dit long sur le flou de ces notions, tandis que la clinique américaine cherche à mesurer les effets de l’exposition aux images pornographiques selon les paradigmes de la prise en charge de l’alcoolisme et de la toxicomanie. Selon Lacan, il faut chercher la source des addictions dans nos sociétés. Elles font croire au sujet qu’il ne manquera jamais et que la consommation des objets lui apportera une pleine satisfaction. Le fait de nier l’éventualité du manque, dans un monde globalisé et un espace virtualisé lui fait perdre la notion de ses propres limites. C’est ce qui se joue dans les addictions où désir et besoin se confondent.

Les opposants à la large diffusion du porno sur internet émettent plusieurs inquiétudes : que les scénarios qu’on y montre puissent pervertir la future sexualité des jeunes qui reproduiront ce qu’ils voient, qu’ils se fassent une fausse idée de ce qu’est le sexe et que cela les rendent inaptes à la relation amoureuse. Enfn, ils imputent à la pornographie un caractère traumatogène.

Dans un premier temps Eric Bidaud nous rappelle qu’en psychanalyse la limite entre normalité et pathologie sexuelle n’est pas clairement délimitable. L’enfant est un pervers polymorphe qui en fonction de ses expériences de vie va développer un type de sexualité plutôt qu’un autre. Freud considère que la condition d’une sexualité « normale » est indissociable d’une perversité résiduelle issue des stades de développement. Ce sont la pulsion de savoir (pulsion d’emprise sublimée) et sa composante la pulsion scopique (plaisir de regarder) qui sont ré-activées par le porno. Le porno ne vient donc pas construire à la place de, mais vient occuper un espace de divertissement et de jouissance recherché, demandé. Eric Bidaud voit dans la pornographie un moyen de construire une relation génitalisée à l’autre sexe. Les parties honteuses du corps deviennent un enjeu de séduction, d’érotisation et de rencontre de l’Autre. Selon l’auteur, plutôt que d’affaiblir la production fantasmatique, le porno viendrait au contraire relancer les théories sexuelles infantiles et les organiser pour permettre ensuite une mise en acte. La monstration de la réalisation des fantasmes c’est « du savoir dont on jouit », nous dit-il. Mais il insiste : ce qui est vu n’est pas reproduit, ainsi qu’en atteste la clinique. Il s’agit davantage d’une stimulation à partir de laquelle le sujet va fabriquer sa propre pratique. En effet, le fantasme chez le non pervers n’est pas synonyme de passage à l’acte. Il donne une orientation, une coloration à sa sexualité, crée l’intimité du sujet. Pour Joyce McDougall, l’activité fantasmatique et auto-érotique est le fruit d’un esprit créatif d’une grande vitalité.

Il en va tout autrement pour le sujet pervers, sa production fantasmatique est pauvre. Il est dans l’agir, le contrôle, passe beaucoup de temps à préparer les conditions de sa jouissance qui sont peu ouvertes aux changements. Il cherche une prise du pouvoir sexuel sur le monde. Ce sont les raisons pour lesquelles pornographie et perversion sont antinomiques. Le pervers n’est pas client de la  pornographie, où relégué au rang de spectateur, un autre agit à sa place. De plus, la représentation pornographique classique l’ennuie, la différence des sexes ne le fait pas jouir puisqu’il la dénie, il lui faut une sexualité hors du commun.

Concernant l’amour et la sexualité : ce sont deux pôles inconciliables. L’attirance pour les objets actuels est assujettie à l’attraction inconsciente des objets infantiles incestueux. Ceci aura pour résultat un clivage entre ce qui est aimé et protégé de l’acte sexuel (la Mère interdite) et ce qui est autorisé, objet de jouissance, mais ne peut être aimé.  Freud formule ainsi cette impossibilité de la vie amoureuse des hommes : « Là où ils aiment, ils ne désirent pas et là où ils désirent ils ne peuvent aimer. » L’objet désirable est rabaissé au rang de prostituée, tandis que la femme au-dessus de tout soupçon n’exerce aucun attrait. C’est bien ce qui se joue dans le porno : on y jouit en dehors de toute histoire d’amour, l’amour y est exclu. Ceux qui verraient dans les possibles dangers du porno une altération de l’image de l’amour font fausse route. En excluant la relation amoureuse entre les partenaires, le porno au contraire le préserve. La conception selon laquelle le rapport sexuel exige l’amour n’est qu’une position idéologique. On retrouve cette posture au sein même de la psychologie psychanalytique. En effet, on peut se demander jusqu’à quel point les évaluations pour mesurer, caractériser la dépendance au porno ne tendent pas à édicter une norme empreinte de morale et d’idéologie : ni trop ni trop peu d’activité sexuelle, dénuée de tout fantasme pervers, au sein d’une relation amoureuse entre hétérosexuels. Hors de ce cadre, le sujet se voit marginalisé, pathologisé.

Enfin, pour répondre à ceux qui estiment que le porno peut être traumatique, l’auteur oppose le fait que l’adolescent est l’acteur de sa quête d’images pornographiques. Il en va de même lorsqu’il décide de regarder un film d’horreur. De plus, la violence et la crudité des images ne constituent pas à elles seules les conditions d’un traumatisme. Une hypothèse clinique serait même de considérer que c’est un moyen d’élaboration psychique de la violence chez l’ado, qui peut alors se la représenter. Pour Guy Lavallée, le porno sur internet est un moyen d’initiation qui fait défaut dans l’entourage. « Pour l’adolescent, ce type d’image vient pallier l’absence d’objet et le manque de maturité psychique rendant impossible l’expérience réelle. » D’ailleurs en remontant le temps, on observe deux faits : la pornographie a toujours existé, elle est même très présente dans certaines cultures comme en Inde (qui par ailleurs a cherché à interdire le porno sur le web). Ce qui a changé c’est que la pornographie est pas devenu le porno : en perdant sa terminaison « graphie », la pornographie est devenue un défilé d’images, au scénario peu vraisemblable et quasi inexistant. La seconde constatation est qu’autrefois on considérait que le danger pour l’adolescent venait de sa pratique de la masturbation. Or comme s’en étonne Alain Giani, le porno a pour principal effet de stimuler cette activité qui ne fait quasiment pas débat. Le porno réactualiserait-il cette angoisse parentale de l’insupportable sexualisation de l’enfant et de l’adolescent ? Par le passé, il s’agissait de protéger l’enfant et l’adolescent de leur excitation sexuelle interne, maintenant on veut les protéger d’un danger qui vient de l’extérieur, la pornographie : en fait le désir de contrôle n’a fait que se déplacer.

En conclusion, nous pouvons dire qu’Eric Bidaud estime que la psychanalyse n’est pas nécessairement la plus à même pour répondre aux inquiétudes posées par l’accès au porno sur internet. Sa discipline lui parait embarrassée, parfois muette, d’autres fois normative et pathologisante à ce sujet. Enfin, si le porno peut avoir des effets délétères sur la jeunesse, il est probable aussi qu’il lui vient en aide pour se construire psychiquement et pour pouvoir agir sa sexualité. La sagesse de cet ouvrage est d’accepter les limites de la psychanalyse et d’éviter une diabolisation du porno.

PSYCHANALYSE ET PORNOGRAPHIE

BIDAUD ERIC

L’Attrape corps

LA MUSARDINE

Format : 130*185
220 pages
Référence : P00363


030317-352x500Anne Bert est une écrivaine dont j’ai déjà parlé pour son recueil de nouvelles érotiques « L’eau à la bouche ». Décidément, c’est un auteur qui me touche et ce, pour plusieurs raisons. Elle a un amour de langue française qu’elle nous fait partager en utilisant des vocables oubliés, en jouant avec les mots, elle invente des néologismes plein de sens. Ses personnages ont une véritable épaisseur, ils transmettent une réflexion sur la société, un vent de révolte salutaire souffle en eux et le ton est juste. Enfin, pour ce qui est de l’érotisme, elle nous embarque loin mais évite les écueils de la gratuité, de la vulgarité ou du trash.

Perle, née sous X, est en quête de plaisirs charnels dès le plus jeune âge. Cette obsession liée à un besoin fondamental de liberté et à une peur panique de ce qui se rapproche d’une famille va la conduire à prendre son indépendance rapidement. Le lecteur suit alors son parcours et ses expériences qui la mènent en Brière où elle tente de vivre une période d’abstinence. Anne Bert nous immergera dans cette région sauvage propre à faire travailler l’imaginaire, avec un conte érotique savoureux. La rencontre de Perle avec Alanik, marinier local, va la faire basculer dans une nouvelle ère.  Si elle s’éloigne périodiquement, c’est pour mieux revenir auprès de cet amant pour qui la sexualité sans imagination ni fantasme est trop triviale. De par sa différence et sa personnalité à la fois franche et affranchie, il saura séduire et apprivoiser cette âme farouche.

Anne Bert nous entraîne avec bonheur dans un univers de conte de fée pour adulte. On en sort sous le charme. 

PERLE

BERT ANNE

Lectures Amoureuses

LA MUSARDINE

Format : 110*178
192 pages
Référence : S00190

Couverture

Voici un ouvrage qui a fait mes délices ! Jean-Jacques Pauvert, écrivain, grand éditeur français de littérature érotique et amant de Régine Desforges, a réuni pour nous le meilleur du genre. 

Les textes sont bien écrits puisque émanant d’auteurs classiques du XVIIe à nos jours. Ils sont souvent jouissifs (il y en a pour tous les goûts : sexualité vanille, sadisme, masochisme, zoophilie, etc.), mais pas seulement.

En effet, on rit avec  La Fontaine,  de la manière dont il censure son propos et parce que le tour qu’il imagine est savoureux. On rit également de l’irréverrance de Pierre Louÿs  dans Pybrac :  

Je n’aime pas à voir qu’en l’église Saint-Supe

Une pucelle ardente, aux yeux évanouis,

Confessant des horreurs, se branle sous sa jupe,

Et murmure : « pardon… mon Père… je jouis. »

On s’échauffe avec Sade, E.D ou Forberg. On se moque de Restif de la Bretonne déjà croisé chez Marc Lemonier dans son Guide historique du Paris libertin. Censeur, moralisateur, de la Bretonne écrit une oeuvre qu’il voudrait l’antithèse du Justine de Sade. Il y réussit d’une certaine façon, tant son travail manque de force en comparaison de celle du Marquis. Mais, il est tout aussi censurable, si l’on considère le genre érotique comme impie et à l’encontre l’ordre moral.  

Enfin, on apprend quantité de choses. L’érudition de Pauvert est immense et sa ténacité à mener l’enquête hallucinante. Il situe les auteurs dans leur époque, retrace leur biographie dans les grandes lignes, ainsi que  le parcours de l’oeuvre. Des ouvrages majoritairement clandestins, imprimés le plus souvent en Belgique ou en Hollande, sous de faux noms, avec des dates parfois peu vraisemblables. Certains d’entre eux sont très rares.

Au cours de cette lecture, on croise un Napoléon III obsédé sexuel mais entouré de censeurs impitoyables. On découvre un Mirabeau vénal, génial, visionnaire, touche à tout, qui réussit tout ce qu’il entreprend. On nous révèle que Sacher Masoch enthousiasme la France du XIXe qui le reçoit en grande pompe. Il appréciera peu que sa perversion sexuelle donne naissance à une nouvelle pathologie, selon Kraft Ebing : le masochisme.

Bref, ce recueil de textes est une pépite littéraire, érotique et érudite. Une leçon magistrale pour les puritains, qui ne voudraient voir dans l’érotisme qu’un excès de la chair , un affaiblissent de l’être et un billet direct pour les enfers.


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Guide historique du Paris libertin

Marc Lemonier qui nous avait régalés avec son Secrets de maisons closes, nous offre ici un guide très fourni du libertinage à Paris à travers les âges.

Le livre est divisé en fonction des différents quartiers parisiens. L’auteur nous indique précisément les adresses où l’on s’adonnait et où l’on s’adonne encore au libertinage dans la capitale. Il retrace dans les grandes lignes le contexte historique des lieux et des clubs et nous fournit nombre d’anecdotes parfois savoureuses.

Chez Adèle par exemple, le client pouvait vivre sa propre mise en bière. Installé dans un cercueil douillet, entouré de cierges, une « bonne sœur » délurée et en portes jarretelles lui donnait un avant goût du paradis.

On apprend également qu’à l’époque des préservatifs en peau de mouton, des filles étaient présentent dans le magasin pour évaluer la taille du pénis de ces messieurs, le préservatif n’ayant pas de propriétés élastiques.

On croise nos souverains ainsi qu’un grand nombre de gens connus, plus ou moins contemporains, et on y découvre leurs secrets d’alcôve. 

Au fur et à mesure de la lecture, on est surpris de constater à quel point le libertinage est ancré dans les mœurs françaises (aussi bien sur l’échelle temporelle que sociale) et de voir que nos ancêtres se montraient parfois bien plus tolérants et ouverts à aux plaisirs de la chair que lors d’époques plus proches de nous.

Ce guide est très complet. Il relate tous les lieux parisiens du libertinage, à toutes les époques et l’ensemble des pratiques sexuelles alors présentes. Marc Lemonier déroule une galerie de personnages publics très large et illustre son propos de photos. Enfin, il nous propose de poursuivre plus avant en nous indiquant ouvrages, films, etc. en lien avec son discours. 

Il s’agit d’un excellent complément à son livre sur les maisons closes, et c’est aussi l’occasion de revisiter la capitale avec un autre œil.

GUIDE HISTORIQUE DU PARIS LIBERTIN

LEMONIER MARC

LA MUSARDINE

Référence : P00349N2

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Voici un coaching en 7 points pour vivre une sexualité épanouie, selon Marc Dannam, journaliste et écrivain érotique français. La surprise c’est qu’il ne s’agit pas simplement d’apprendre ou d’améliorer les techniques du plaisir, comme bien souvent dans ce type d’ouvrages. 

L’auteur nous propose de passer par la réflexion, une meilleure connaissance de soi, de nos attentes, de nos freins, etc. Pour cela, il nous offre des exercices, nous demande de répondre à des questions sur notre vécu, notre corps, notre personnalité. Il nous encourage à prendre de soin de notre image, à développer notre sensualité et notre érotisme.

Le livre regorge de conseils en tous genres : comment tonifier sa poitrine, prendre du plaisir à se masturber pour les 2 sexes, réussir une fellation, selon une actrice du X… et bien d’autres encore !

Voilà un petit bouquin à travailler seul ou à deux, que l’on soit homme ou femme, que l’on débute sa vie sexuelle ou que l’on souhaite l’enrichir  et qui répond à l’adage inversé (mille fois détourné) de Victor Hugo : « Dis-moi qui tu es et je te ce que tu aimes ».

OSEZ REUSSIR VOTRE VIE SEXUELLE

DANNAM MARC

Osez

LA MUSARDINE

Format : 110*178
192 pages
Référence : P00350

Plaisir d’offrir, joie de recevoir

Petit bouquin édité en 1999, mais que l’on trouve encore sur Amazon ou à la FNAC. Je l’avais lu à l’époque lors de sa présentation par mon libraire préféré Gérard Collard.

Je le relis régulièrement toujours avec le même plaisir. C’est comme un bonbon, joyeux, doux et acidulé. On rit, on sourit et on s’identifie.

Il s’agit d’un journal intime, tout à fait intime même puisque la narratrice relate chacune de ses expériences sexuelles, avec différents partenaires. Celles-ci n’ont rien qui sortent vraiment de l’ordinaire, mais le regard qu’elle leur porte et sa façon de les raconter nous embarquent. Je me suis dit que j’aurais presque pu écrire ce livre car j’ai vécu des situations assez comparables, comme beaucoup d’entre nous, j’imagine. C’est amusant de se remémorer ses propres histoires à la lecture de celles proposées par Anna Rozen et de voir sous quel angle elle les envisage.Voilà un  livre réjouissant, qui se lit très vite et met de bonne humeur.

 « Ce que j’aime, dans le sexe, c’est d’y mettre les doigts. Être là où l’action se passe, toute   moi,  être le sujet, le lieu et le spectateur. Éprouver de partout à la fois, ce miracle jamais  compris  de l’autre qui entre où, sans lui, je n’ose pas aller. » Anna Rozen

Plaisir d’offrir, joie de recevoir
ROZEN Anna
Le Dilettante
Genre : Nouvelles
ISBN : 978-2-84263-024-9
Date de parution : 06/05/1999
Nombre de pages : 192


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Putain d’amour

Belle surprise que cette publication Du Livre de Poche qui « déringardise », dépoussière l’image à laquelle on était habitué jusqu’à présent.

Il s’agit là d’un ouvrage collectif. Une carte blanche offerte à des auteurs de tout poil qui permet à chacun, en quelques lignes ou quelques pages,  d’ évoquer l’amour avec les outils qui sont les siens : texte, (fomaté parfois de façon tout à fait actuelle – façon blog, tweet, email…), graphisme (dessin, tag…) ou musique (rap, tablabture…)

Le format est vraiment plaisant et les contributions sont drôles, surprenantes et touchantes parce que l’identification à ses propres expériences amoureuses ou sexuelles est incontournable.

Merci à tous ces auteurs et au Livre de Poche pour ce tour d’horizon de l’amour et de la sexualité d’aujourd’hui et parfois d’hier.


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L’eau à la bouche

Voici un recueil de 23 nouvelles érotiques de genres différents, abordant la sexualité sous différents angles : mythologique, sociétal, poétique, littéraire… on sent une réelle érudition chez l’auteure, une recherche de la variété, le souhait de faire un tour d’horizon des situations qui peuvent éveiller le désir, faire naître l’excitation. 

En ce qui me concerne une première lecture m’avait laissée de marbre, je le relis aujourd’hui avec davantage de plaisir. En fait, la première histoire « Disgrâce » m’avait beaucoup plu et du coup, le reste m’avait paru insipide. Je lis, cette fois-ci,  les nouvelles dans le désordre et leur découvre plus de charme. Je trouve cette première nouvelle assez envoûtante : une femme laide parvient, par un attrait indéfinissable, à séduire tous les hommes,  même ceux qui partagent leur existence avec une créature de rêve. Ils se repaissent de ses rondeurs, de son suc, de tout ce que son corps peut leur offrir et que les autres femmes ne déploient qu’avec parcimonie. Mais son cœur leur est fermé, elle se venge de ces jolies épouses qui la méprisent et la fuient.

Puis j’ai beaucoup aimé l’ultime histoire qui se présente comme un poème : « Attends ». C’est la description de la montée du désir, l’excitation qui croît durant l’attente savamment orchestrée : 

« Attends, attends encore, laisse durer l’attente infernale qui nous ronge et nous énerve […] Ne me touche pas, regarde simplement, j’écarte le tissu sur mes lèvres gonflées et lisses […] tu soulèves d’un doigt ma robe et fais glisser la dentelle de ma lingerie au milieu de ma fente […] tu poses un miroir près de  mon fruit défendu tout juteux afin qu’il te renvoie l’image en gros plan […] ».

Je trouve que l’auteure rend la description de cette attente, de cette tension sexuelle très palpable.

Je conclurai en disant que c’est un ouvrage à destination des femmes car c’est un érotisme tout en délicatesse qui n’a pas pour but d’exciter le lecteur même si certains passages ont un réel pouvoir évocateur.


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L’enfant du 15 Août

La mort de cette auteure m’a touchée. J’avais lu récemment ses mémoires avec bonheur et avais découvert une femme hors du commun.

Ici, Régine Desforges nous fait plonger dans la France rétrograde, d’abord de la campagne d’après guerre, puis de Paris et de sa justice à partir la fin des années 60. On prend aussi plaisir à croiser l’intelligentsia de l’époque. Mais c’est avant tout le récit d’une lutte pour que la littérature érotique ne soit plus considérée comme un crime à une époque pas si lointaine de la nôtre (toute proche même à en juger par les revendications actuelles d’une partie de la société…) On y voit une femme courageuse, angoissée, traînée dans la boue, vivant désargentée, à certains moments de sa vie, parce que son gagne-pain lui était retiré et que la justice lui assénait régulièrement des amendes. Mais elle n’a jamais cédée, elle a mené le combat avec détermination jusqu’au bout. Dans cet ultime ouvrage, elle nous livre sa vie avec une franchise totale, sans fard, se montrant telle qu’elle était ou avait été.

C’est en lisant ses mémoires que j’ai eu envie de commencer à écrire des pages érotiques, elle a contribué à changer mon existence. Mais avant tout, elle a transformé la société française, faisant fi des esprits étroits de l’Hexagone. Chapeau bas Régine et merci !


Les publications de la Musardine

9782842717650_1_75

SECRETS DE MAISONS CLOSES

Marc Lemonier retrace dans cet ouvrage l’histoire des maisons closes. Dans un premier temps, il nous explique dans quelles conditions elles ont vu le jour dans l’Hexagone. Puis au travers de portraits de tenancières qui ont marqué leur époque, de descriptions de maisons de tolérance fameuses ou de témoignages de prostituées, il nous raconte comment ces maisons ont prospéré et nous dit pourquoi elles ont disparu.

C’est à la fois un voyage à travers les âges, puisque l’auteur part de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, mais aussi par delà les frontières avec des détours par les colonies françaises, Rome, le Japon ou l’Egypte. Ce sont trente-cinq histoires vraies qui proposent un instantané de la société dans laquelle elles s’enracinent, ainsi que de son intelligentsia. En effet, on y croise des célébrités, des artistes, des écrivains ou encore des hommes d’Etat.

On est surpris de la modernité de certains bordels dont les descriptions rappellent les clubs échangistes d’aujourd’hui, avec leurs chambres à thème, leur déco ou leurs accessoires. Certains propriétaires rivalisaient d’inventivité et de sens du commerce et du service pour attirer le chaland, prêts en cela à dépasser les tabous du moment : saphisme, triolisme ou carré pour les couples mariés, etc.

Enfin, c’est une mise en lumière de la vie des « pensionnaires » qu’on se souciait parfois d’éduquer et de soigner, comme on prend soin d’un cheptel qui rapporte, ou le plus souvent réduites à l’état de chair à sexe (parfois à un point inconcevable). Le récit de leur destin permet de comprendre comment s’est imposée la nécessité d’abolir cet esclavagisme sexuel légal, alors même que la fréquentation de ces lieux de prostitution faisait partie des mœurs dans toutes les couches de la société. On note ainsi que la Police elle-même y envoyait des filles ou qu’il était fréquent que les fils de bonne famille viennent, accompagnés de proches, se faire déniaiser par des prostituées. On estimait également que les maisons closes avaient un rôle salutaire auprès des soldats ou des marins.

L’auteur conclut par un constat de la prostitution aujourd’hui : la traite des femmes se poursuit de manière clandestine avec, par exemple, des filles de l’Est qu’on envoie dans des claques en Belgique, en Suisse, ou en Catalogne, entre autres et qu’on maintient, comme autrefois, dans cet état par l’obligation de rembourser le coût de leur acquisition.

SECRETS DE MAISONS CLOSES

LEMONIER MARC

LA MUSARDINE

Reliure : Broché
372 pages
Référence : P00333

LA MAGIE SEXUELLE

Sarane Alexandrian nous offre dans cet ouvrage un panorama de la magie et du sexe. Il nous y explique les pratiques magiques censées apporter l’amour et les pratiques sexuelles censées apporter des pouvoirs magiques.

C’est un voyage de l’Antiquité à nos jours et dans diverses parties du monde qui offre une vision sociologique de la sexualité. 

Dans un premier temps, l’auteur nous conte l’évolution de la magie dans les sociétés et ses rapports avec la religion. Puis, il dresse un inventaire des superstitions liées à la sexualité. On les connait déjà plus ou moins  :

  • Soit au travers des procès en sorcellerie à partir de la fin du Moyen-Age : les philtres d’amour contenant racines, testicules d’animaux, urine de jeune vierge (bref toute une symbolique imaginaire).
  • Soit par le biais de coutumes encore présentes aujourd’hui  dans la culture africaine par exemple : poupées vaudou,  amulettes, objets à enterrer…

Plus surprenant, Sarane Alexandrian nous dépeint, aux Etats-Unis et en Europe, de véritables confréries de la magie sexuelle, et leurs apôtres comme Aleister Crowley. Celles-ci établissaient des protocoles précis pour que la sexualité rende leurs adeptes puissants et contribue à exaucer leurs vœux. Certaines continuent d’ailleurs d’exister aujourd’hui. 

On apprend également comment de riches oisifs investissaient une énergie énorme à élaborer et tester des théories sexuelles étonnantes, dans le but de s’accoupler avec des spectres, ectoplasmes, esprits de défunts célèbres, succubes, incubes et autres entités surnaturelles. 

On perçoit aussi clairement comment sous couvert de spiritualité, de libération des mœurs et de découverte de la sexualité nombre de débauches ont été tolérées, du moins un certain temps. A Tilly sur Seulles, Eugène Vintras, escroc dans une première partie de sa vie, puis mystique délirant  (une thèse en psychiatrie lui a été consacrée), encourageait ses disciples à la masturbation, obsession amplement développée par son successeur l’Abbé Maréchal qui s’y adonnait en groupe.

Enfin, la dernière partie est la plus plausible (on peut même en appliquer quelques éléments), puisqu’il s’agit d’une description de techniques tantriques comme les massages, pour atteindre une sexualité plus épanouie.

LA MAGIE SEXUELLE

ALEXANDRIAN SARANE

L’Attrape corps

LA MUSARDINE

Format : 105X185
Reliure : Broché
Langue(s) : Français
280 pages

9782842718664

Trois romans érotiques de la Brigandine

Cet ouvrage nous livre trois récits érotiques écrits par des hommes dans les années 80. L’avant propos retrace la naissance et le parcours de la Brigandine, les interdictions, les commissions de surveillance, la vente officieuse et le témoignage d’auteurs ayant participé à l’aventure. Cela interpelle : les années 80 nous paraissaient modernes, ouvertes et pourtant ! Alors quid des années 2000 où le censeur est le citoyen next door ?

La loque à terre – Georges de Lorzac

Laurent, quitté par celle qu’il aime, décide de trouver refuge chez ses parents, auxquels il n’a pas rendu visite depuis fort longtemps. En arrivant devant la tour, il se remémore des moments de son enfance, tout en doutant de sa décision : tout est si triste, déshumanisé, la nature réduite à néant. Il ne comprend pas le choix de ses parents de vivre ici et sent toute la distance qui les sépare. Arrivé à l’entrée, le gardien l’informe que l’ascenseur est hors service, qu’il ne sait pas quand il sera réparé et fait comprendre à Laurent avec un vague sourire narquois qu’il n’a d’autre choix que de grimper à pied jusqu’au dernier étage, où vivent ses parents.

Laurent s’engage dans cette ascension, l’esprit occupé à s’apitoyer sur son manque de chance et son amour perdu. Il ne prend pas la peine de compter les étages. Puis cette montée devient vertigineuse et bascule dans le cauchemar après sa rencontre  avec une des locataires, Mme Montrocq. Il va céder aux avances sexuelles de cette dernière avant de l’humilier férocement et de claquer la porte. Oui mais voilà, à partir de là cette cage d’escaliers va se refermer sur lui comme un piège et la violence, le sang, l’angoisse, la folie viendront se mêler au sexe.

Fête de fin damnés – Gilles Soledad

Nous voilà plongés une nuit de Noël, dans la vision apocalyptique d’un Paris privé d’électricité, dévasté par les pillages, les incendies, la violence, bref plus rien n’est sous contrôle. Une poignée de personnages va se croiser et les destins se mêler. Deux d’entre eux, Zig Zag et Petit Paul semblent tout droit sortis des Enfers. On comprend que tous ceux qui auront le malheur de les rencontrer finiront tragiquement et que temps qu’ils seront vivants rien ne pourra aller mieux. Ce sont deux prédateurs drogués, assoiffés de sexe et violence qui n’ont plus rien à perdre.

Cime et Châtiment – Pierre Charmoz

Avec ce dernier récit, le lecteur prend de la hauteur puisque que l’histoire se déroule en montagne et que les protagonistes sont des grimpeurs hors pairs. Le père de Carole se jette d’une falaise déguisé en touriste. Il s’agira pour les héros de savoir ce qui a pu engendrer un geste si désespéré grâce aux indices qu’il a laissés. Ces montagnards se révèlent animés par une sexualité débordante et sans tabous et chaque rencontre sera l’occasion de nouveaux plaisirs sexuels.

Mon avis : 

La découverte de l’écriture érotique pratiquée par les hommes m’a surprise par la violence du contexte.Eros et Thanatos sont très étroitement liés. Même si les évocations érotiques peuvent être empreintes de douceur comme chez les auteurs féminins, le récit dans lesquelles elles s’enracinent est dur et cruel. J’ai trouvé que l’idée de donner un tour fantastique au premier roman était plaisante et rend le lecteur curieux du dénouement. Pour le second, la forme du polar permet à l’auteur d’appuyer encore sur l’aspect violent des personnages, psychopathes déshumanisés totalement. Enfin, la troisième contribution apporte plus de légèreté et d’insouciance permettant au lecteur de se reposer des lectures précédentes pour savourer les joyeux ébats sexuels des grimpeurs.

 

Trois romans érotiques de La Brigandine

Auteurs : Georges de Lorzac – Pierre Charmoz – Gilles Soledad

Éditeur : la Musardine, Paris

Collection : Lectures amoureuses

Description : 464 pages; (18 x 11 cm)

EAN13 : 9782842718664


 Collection « Osez »

These little books are rather useful. They deal with every sex topic under the sun, full of advice and information. All are explained in simple terms and easy to follow.   You will learn many new techniques of how to please your partner and yourself. You can read it on your own or with your lover turning it into a game of experiment.  The ideas will bring a freshness into your love making . They are not expensive 8 to 9 euros. La Musardine edits erotic litterature also and you can find BD, DVD and so on.


Les filles bien n’avalent pas

Avant propos :

J’ai choisi de parler de ce livre car il est tout à fait dans la lignée de ce blog. J’ai créé cet espace parce que la sexualité est une composante essentielle de mon existence et que j’étais lassée de tous ces sites de cul à destination des hommes, qui les font passer pour des obsédés sexuels sans délicatesse ni attention pour les femmes et nous montrent comme n’étant que des objets sexuels entre leurs mains.

J’ai créé un premier blog chez un autre hébergeur qui s’est empressé de parasiter mon propos avec des pubs pornos parmi les pires du marché ! Je me suis adressé à cet hébergeur, et là surprise un homme (je spécifie à dessein) me répond : « Oui je sais, ça fait des années que je me bats contre la régie pub, pour qu’ils arrêtent de mettre des images bien dégueus sur les blogs de la catégorie adultes » !!! Voilà qui démontre que cette vision machiste, stéréotypée, réductrice et parfois dégradante du sexe ne convient ni aux hommes (sauf à une certaine « catégorie », je n’aime pas beaucoup ce mot…) ni aux femmes et qu’il est temps de proposer autre chose pour changer les mentalités et arrêter de véhiculer sans cesse les mêmes poncifs.

Le problème d’image de mon blog résolu, j’ai dû faire face au rejet de gens proches de moi, ou que je pensais proches de moi. C’est comme si le fait de monter ce blog m’avait fondamentalement changée, on ne peut plus me fréquenter ou m’apprécier : « Nous ne sommes plus en phase avec vous. En fait, je ne sais plus quoi te dire, je me sens décalée, non concernée, éloignée… » Explication de texte : Nous – mari et femme (à la base j’avais demandé à la bonne copine de garder ça pour elle, un truc entre filles quoi) – ne sommes plus en phase avec vous – Moi et mon mari ?! Je trouve déjà extraordinaire qu’un propos libre sur la sexualité ait a ce point visiblement modifié tout ce que je suis, mais qu’en plus cela ait aussi fondamentalement transformé mon mari, là ça dépasse l’entendement ! Cette même personne m’a dit qu’en me lisant elle ne comprenait pas que je parle de ma sexualité, que je le fasse soit, mais en silence… Voilà, ce livre va vous expliquer pourquoi des gens, jeunes, cultivés, peuvent se montrer réfractaires et fermés quand une femme proche d’eux parle ouvertement de sa sexualité, une femme libre est toujours une salope en 2014, et cela ne changera pas tant que les autres femmes se sentiront comme cette fille : non concernée, éloignée… Vous vous en doutez ces propos m’ont profondément blessée et révoltée.

Le livre :

Voilà un petit bouquin qui avec humour démonte un à un les clichés qui collent à la sexualité féminine. A lire pour se faire une idée, pour rire seule ou entre ami(e)s, à offrir pour Noël (cadeau petit prix 6 euros environ), à acheter par conviction, par désir d’égalité des sexes.

Parmi les 50 idées préconçues battues en brèche par Marie Minelli, on trouve :

Les filles adorent les gros machos jaloux et violents : pourquoi c’est faux : parce que depuis Freud on sait pertinemment que tous les hommes maladivement jaloux sont en fait des gays refoulés qui désirent voir des hommes s’envoyer en l’air avec leur femme (donc quelque part s’envoyer ces hommes par procuration) et l’auteure de préciser qu’elle a un CAP de psychologie de comptoir.

Les filles ont besoin de longs préliminaires pour jouir : Servane Vergy, sexperte et auteure de best-sellers dans la Collection Osez, souligne le fait que : « L’idée selon laquelle les pulsions et les envies sexuelles dévorantes – parfaitement saines et même signes de bonne santé physique et mentale (avec orgasme à la clé) – restent l’apanage de l’homme, est malheureusement largement répandue… »

Les filles adorent basher les performances de leur mec entre copine : sauf que comme le rappelle l’auteure critiquer son mec peut revenir à se dévaloriser soi même, ex. : « Après la pipe, il me dit merci maman ».

– Les femmes aiment les hommes qui en ont une grosse : les témoignages des femmes interrogées dans l’ouvrage sont clairs – elles préfèrent les petites qui ont plus de marges de manœuvres pour les unes, qui sont moins douloureuses pour les autres, (et sont plus actives selon moi).

 Les féministes sont des mal baisées : si un homme estime qu’une femme est mal baisée, la faute à qui, camarade ?

Les filles cherchent un prince charmant […] :  – Parmi les 7 bonnes raisons de ne pas épouser un prince charmant : il porte un costume ridicule.

Marie Minelli fait aussi une incursion dans les programmes télé pour montrer comment de telles idées reçues se perpétuent. Par exemple,  lors d’une animation sur la sexualité avec des collégiens pour le Magazine de la Santé : « […] On n’éjacule pas sur les filles bien ! » On peut ajouter à cela : une fille bien ne doit pas sucer, jouir trop fort,  dire de gros mots pendant l’amour…  et surtout : NE PAS COUCHER LE PREMIER SOIR.

Les femmes répondent souvent avec humour à ces clichés  comme Anne Cécile, 30 ans : « Je ne couche jamais le premier soir. Mais comme je donne mes rendez-vous de dîner vers 22 heures , techniquement à partir de minuit, ce n’est plus le premier soir… »

Marie Minelli nous amuse aussi  en répondant aux auteurs de propos misogynes : « Les femmes sont comme des miroirs, elles réfléchissent mais ne pensent pas. » Arthur Schopenhauer – M. M : « Arthur Schopenhauer est comme un appareil photo bas de gamme : il produit des clichés tout pourris ».

Voici un extrait du traducteur féminin/masculin – Toutes des salopes :

– Une femme qui trompe son mec est une salope – Un mec qui trompe sa femme c’est… un chaud lapin.

– Une femme qui drague est une salope – Un homme qui drague c’est… un séducteur.

– Une femme qui s’habille sexy est une salope – Un homme qui s’habille sexy… prend soin de lui.

– Une femme qui se masturbe est une salope – Un homme qui se masturbe… c’est un homme.

LES FILLES BIEN N’AVALENT PAS

MINELLI MARIE

le Sexe qui rit

LA MUSARDINE


Sex in the kitchen

Sympa !

J’ai voulu savoir de quoi il retournait devant le succès de ce roman érotique français dont l’auteure a présenté récemment un second volet : Sex and the TV. J’avais quelques réserves étant donné l’engouement pour Fifty shades of grey… 

La surprise fut bonne car c’est bien ficelé. Octavie Delvaux campe des personnages à la  vie fantasque, auxquels on s’attache. Ils sont ancrés dans une réalité contemporaine dont l’écrivain maîtrise les tendances (mode, bio, etc.) et l’amitié qui les lie est réjouissante. Il y a des scènes qui sont drôles et les plans cul empruntent des chemins inattendus, explorent des situations inhabituelles, sans jamais tomber dans la cruauté, la méchanceté ou le salace. Mais ce qui m’a séduite par dessus tout c’est qu’on est tenu en haleine par l’intrigue, on dévore les pages pour découvrir qui est le mystérieux Stan qui enflamme l’imagination et les nuits de Charlotte ! C’est donc un bon divertissement qui ne se lit pas uniquement pour son genre érotique, c’est ce qui en fait la force.

SEX IN THE KITCHEN

DELVAUX OCTAVIE

Littérature

LA MUSARDINE

Format : 133*214
320 pages
Référence : P00275

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20 histoires de coup de foudre sexuels

Une bonne surprise !

Ce recueil de nouvelles autour du thème du coup de foudre sexuel se lit avec plaisir. Chaque histoire est écrite par un auteur différent ce qui permet de découvrir des univers très variés. Il y en a donc pour tous les goûts : c’est plus ou moins transgressif selon qu’on touche à l’intimité familiale, au religieux ou au « just married ». On trouve également une histoire gay qui ne manque pas d’humour, une aventure loufoque chez le dentiste, le souvenir d’un amour fou en vacances… Tout ça orchestré par l’attraction irrésistible de deux corps dont la boussole s’affole à la vue l’un de l’autre.  

La nouvelle pour l’érotisme est un format bien adapté : c’est condensé, on va à l’essentiel et du coup l’impact est plus fort. On évite ainsi le délayage, le répétitif ou la surenchère qui sont les écueils du genre et qui engendrent ennui, lassitude et écoeurement.

Le style n’en est pas négligé pour autant, les auteurs maîtrisent la plume, malgré quelques formules qu’on aimerait ne pas trouver en littérature, quelle qu’elle soit, comme « de suite », économie langagière qui me dérange à l’oral, alors à l’écrit… Tous ces récits nous embarquent, éveillent notre intérêt et les représentations sexuelles qui sont  proposées ne nous laissent pas insensibles.Bravo objectif atteint !

OSEZ 20 HISTOIRES DE COUPS DE FOUDRE SEXUELS

COLLECTIF

Osez (20 histoires de…)

LA MUSARDINE

Format : 110*178
Reliure : Broché
256 pages
Référence : Z00025
 
 

 

2013-06-21-couvstphanerose

misere-sexuelle.com

Avec cet ouvrage, l’auteur nous offre une plongée dans le monde des rencontres sur internet. Pour qui est entré dans un sex-shop il y a 30 ans, c’est le constat que le phénomène de misère sexuelle perdure, mais qu’internet en a changé la donne : les sites de rencontres ont fait fructifier le marché des célibataires, ils l’ont démocratisé, décomplexé, vendent du rêve à qui mieux-mieux, déclinent les offres en matière de sexe et d’amour sous toutes leurs formes pour ratisser large et jouent sur l’addiction : transformer le manque d’amour en manque d’abonnement. Vu de loin, si ce business semble moins glauque que les sex-shops d’autrefois derrière la vitrine, c’est à pleurer.

Comme le rappelle Stéphane Rose, lui même ancien addict, les sites de rencontres en quelques années ont su modifier l’image de loser qui collait aux utilisateurs de ces services. Aujourd’hui c’est une démarche majoritairement assumée voire branchée. Problème : ça n’aboutit que rarement, pour des raisons que nous allons développer et parce que n’oublions pas que c’est le célibataire qui représente la valeur marchande, pas le couple heureux, épanoui et fidèle.

Pourquoi ça ne fonctionne pas :

D’abord parce que quelqu’un qui dans la vie quotidienne est handicapé pour plaire, construire une relation ne va pas soudain devenir plus attrayant parce qu’il tente de le faire via internet. Ces sites sont susceptibles de fonctionner pour ceux qui pourraient séduire en dehors de ces réseaux sociaux. C’est sur de tels couples que s’appuient ces entreprises pour faire croire que ça marche, que tout le monde a sa chance et qu’on y rencontre des personnes séduisantes.

Autre inégalité : le genre. A profil comparable, une femme recevra presque 10 fois plus d’invitations à des chats qu’un homme et multipliera par 5 le nombre d’emails reçus ! Difficile dans ces conditions de satisfaire les demandes masculines.

Une autre source d’infructuosité : les attentes hommes/femmes. Les hommes sont en recherche de plans baise dans une proportion bien supérieure aux femmes. Stéphane Rose a constaté que la moitié des annonces féminines se terminaient par : « Si tu cherches un plan cul, passe ton chemin », soulignant ainsi à quel point le but recherché entre homme et femme diverge.

Certains sites ont donc pris le parti de permettre une sélection, soit des hommes par les femmes, soit des membres entre eux. Mais cela ne fonctionne pas davantage. La femme qui souhaite bloquer les invites à caractère sexuel va perdre la majorité des messages adressés et les demandes de contact vont se réduire à une peau de chagrin. Les sites qui proposent un écrémage à l’entrée par l’ensemble des adhérents à partir de critères définis, génèrent aussi l’échec. Ces mêmes critères finissent par engendrer une lassitude chez certains membres.

Les autres sources de déconvenues sont diverses et variées : les gens qui enjolivent leur profil, les personnes qui ont des attentes trop précises, celles qui n’ont pas fait le deuil d’une histoire  précédente, les faux célibataires, les relations épistolaires passionnées dont les fantasmes se fracassent dans une confrontation au réel, les adhérents qui ont peur de passer à côté d’une opportunité et continuent à faire des rencontres alors qu’ils ont commencé à fréquenter quelqu’un… bref, les causes d’échec sont légions et montrent qu’il y a plus de chances d’aboutir à un fiasco qu’à un mariage.

Comment les sites peuvent vous piéger :

Certains sites payent de « petites mains » pour faire de l’animation, c’est à dire pour donner le change aux membres derrière de faux profils vous laissant imaginer que vous avez trouvez la fille de vos fantasmes. D’autres utilisent des robots qui envoient des messages automatiques sous couvert de photos fort attrayantes. Ensuite, les arnaques peuvent se nicher partout : photos plaisantes et fictives de supposés adhérents sur la page d’accueil, promesses d’inscription 100%  gratuite…

Faire mentir les chiffres est aussi un subterfuge courant pour faire croire à un trafic important : quand un internaute se déconnecte, son statut peut afficher « connecté » encore plusieurs minutes avant que son départ ne soit visible. Le nombre de connexions par jour est embelli quand toute entrée sur le site est considérée comme nouvelle, quand bien même il s’agirait dix fois de la même personne. Quand au nombre de membres, il est artificiellement gonflé par ceux qui comptabilisent chaque inscrit à vie et oui, une fois inscrit c’est à perpétuité ! Financièrement, il faut être sur ses gardes, il  existe diverses méthodes pour retenir les adhérents contre leur volonté : la case renouvellement automatique cochée par défaut, des délais de désistement de  grande amplitude : à la  veille de la date buttoir, il se peut qu’on vous réponde : « trop tard, la demande de prélèvement est partie il y à plusieurs jours ». Voilà encore un moyen de faire croire qu’il y a un grand nombre de membres actifs. Le plus incroyable est que lorsque vous souhaitez mettre fin à l’abonnement parce que vous avez rencontré quelqu’un, après les félicitations d’usage, on vous propose de bénéficier d’un mois gratuit !

 Comment devient-on accro : 

Comme on l’a vu tout à l’heure, cela peut être dû à la peur qu’une relation encore plus prometteuse que celle qui s’annonce vous échappe (peur qui fait parfois écran à une autre crainte : celle de s’engager). A l’opposé, on en a aussi parlé, après un échec on peut être tenté de noyer son chagrin dans la multiplication de contacts et de rendez-vous ou dans une recherche insensée pour rencontrer un double de l’être perdu. Des utilisateurs trouvent là une béquille pour combler un vide existentiel, à tel point que l’idée d’abandonner ces réseaux sociaux est inenvisageable. L’auteur raconte comment il retrouve, lors de ses retours sporadiques sur ces communautés, des personnes toujours là, avec le même profil, la même photo, mais avec de moins en moins d’espoir et pourtant dans l’incapacité de se désinscrire. Il cite également les désabusés des sites de rencontres qui créent leur blog pour critiquer mais ne se désabonnent pas pour autant, preuve de plus de la dépendance. Enfin, ces lieux sont pour l’obsédé sexuel  un terrain de chasse inépuisable, ils vont devenir l’outil de son obsession, mais aussi le moyen de la renforcer, il n’est donc pas près de supprimer son compte.

Ce livre approfondit encore et apporte d’autres éclairages sur le sujet, notamment l’avis d’une psychologue. C’est un ouvrage qui se lit avec grand intérêt. Il fourmille de témoignages, dont celui de Stéphane Rose lui-même, dont l’ultime anecdote est assez savoureuse. A lire afin de pour prendre conscience de la mutation du marché du sexe et de l’amour et des conséquences sur le citoyen, la société et les mentalités.

MISERE-SEXUELLE.COM

LE LIVRE NOIR DES SITES DE RENCONTRES

ROSE STÉPHANE

L’Attrape corps

LA MUSARDINE

200 pages
Référence : P00280
 

20 histoires de sexe à plusieurs

Caliente !

Ce nouveau collectif de 20 histoires de… fait partie de mes lectures érotiques les plus torrides ! En cela les textes remplissent totalement leur objectif. 

Une nouvelle fois il y en a pour tous les goûts puisque les univers proposés sont très divers : soumission, échangisme gay, sphère professionnelle, familiale, amicale… Parfois avec une note d’humour, comme à la fin de la nouvelle Belleza Spa.

Mais cette diversité d’auteurs donne aussi des textes inégaux quant à l’écriture, certains extrêmement bien écrits semblent sortis de la plume de professionnels tandis que d’autres sont un peu plus laborieux.

Quoi qu’il en soit on se laisse embarquer par ces récits et échauffer par l’imaginaire des auteurs. 

OSEZ 20 HISTOIRES DE SEXE A PLUSIEURS

COLLECTIF

Osez (20 histoires de…)

LA MUSARDINE

Format : 110*178
256 pages
Référence : Z00026