Les grandes courtisanes

Messaline

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Messaline (Vaeria Messalina) fut la troisième épouse de l’Empereur romain Claude et mère de Britanicus. Elle aimait le pouvoir et les plaisirs de la chair. Le soir venu, elle se déguisait en prostituée pour assouvir ses désirs sexuels dans un lupanar des bas-fonds de Rome. Lupanarest dérivé du mot Lupa = louve, ainsi que se nommaient elles-mêmes les prostituées de Rome afin d’inspirer une certaine crainte. Messaline n’avait aucun besoin de ce surnom pour faire régner la terreur, elle faisait assassiner à tour de bras : ceux qui possédaient ce qu’elle convoitait, ceux qui représentaient une menace, etc. Sa débauche, son avidité et sa cruauté la conduisirent à sa perte, elle fut assassinée à son tour pour mettre fin à ses exactions.


Justine Bienfait dite Paris (1705-1774)

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D’abord courtisane puis tenancière de maisons closes de renom à Paris, Justine Paris, eut l’idée de faire travailler des filles pour elle afin de sortir de sa condition. Son objectif était de proposer des services de qualité, avec des filles propres, ayant de bonnes manières, instruites et saines, dans un cadre intérieur invitant à l’érotisme et un cadre extérieur romantique. Elle avait un sens des affaires développé, tarifant les services à l’heure avec une exactitude sans pareille. Elle réussit si bien que la haute société eu recours à ses services. Casanova fréquenta sa maison. Elle mourut en 1774 de syphilis.


La Petite Comtesse ( 1727 – 1783)

Marguerite Gourdan

Marguerite Gourdan, fonde un établissement de prostitution assez luxueux rue Saint Anne en 1760. Au cours de l’année 1763, elle s’installe rue Comtesse d’Artois ce qui lui vaut le surnom de « Comtesse » ou « Petite Comtesse ».C’est à l’hôpital qu’elle rencontre Justine Bienfait dite Paris et qu’elles ont ensemble l’idée de fonder un claque qui se révélera certainement le plus grand de tous les bordels du XVIIIe siècle en France. La haute société y défile anonymement. On entre dans ce temple par une boutique d’antiquaire et on se travestit de costumes dans la pièce appeler le vestiaire pour s’adonner à la débauche incognito.

On attribue à la Gourdan l’éducation sexuelle de la comtesse du Barry, la plus renommée des maîtresses de Louis XV, mais il s’agirait de rumeurs à desseins politiques.

La Comtesse avait à son service des rabatteurs qui recrutaient jusqu’en province, mais aussi des femmes en appartement ou du monde du spectacle qui travaillaient pour elle. Elle était capable de satisfaire toutes les attentes, aussi bien celles des hommes que des femmes, hétéro ou homosexuelles.

Son déclin viendra avec le règne de Louis XVI qui impose des meurs plus austères. Cependant jusqu’à sa mort, elle échappera à la prison.


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Danseuse et courtisane égyptienne, née à Damas, Kuchuk-Hanem (surnom qui signifie Little lady) enflamma les sens de Gustave Flaubert ainsi que son imagination. Elle lui inspirera entre autres le personnage de Salambô.

Par pudeur, elle ne voulait pas se dénuder devant ses musiciens qui devaient jouer les yeux bandés. Voici la description qu’en fait Flaubert :  » C’est une impériale bougresse, tétonneuse, viandée, avec des narines fendues, des yeux démesurés, des genoux magnifiques, et qui avait en dansant de crânes plis de chair sur son ventre […]. Flaubert en parle plus loin en termes amoureux.

Kuchuk-Hanem laissa aussi un souvenir durable à l’aventurier et écrivain américain George William Curtis pour qui elle était l’artiste la recherchée dans la Haute-Egypte coloniale.

Elle est présente dans un très grand nombre d’œuvres littéraires occidentales de l’époque.