Interviews

Rencontre avec…

Matt Foxx  est un artiste autodidacte qui a touché à différents arts graphiques, avant de s’épanouir dans la photo. Portraitiste, photographe dans le monde du spectacle (concerts, scène burlesque parisienne), c’est vers le photomontage qu’il s’est finalement tourné. Pour nous, il a accepté de répondre à quelques questions.

Avant de vous consacrer à l’art et à la photo, quel genre de vie aviez-vous ? Vous dites que vous êtes autodidacte, à quoi vous destiniez-vous ?

A l’art sonore quand j’étais enfant et adolescent.

Tout petit j’ai intégré une maternelle et une école artistiques, ce qui a été moteur en termes de créativité pour moi dès mon plus jeune âge. Mes parents avaient des amis sonorisateurs de concerts, je baignais dans cet univers de musique et de sonorisation, et j’ai vécu des moments intenses de concerts avant (montage, balance des sons et lumières), pendant et après (démontage). Bref, je voulais devenir ingénieur du son à un moment donné, mais la vie en a décidé autrement. A côté de cela, je faisais beaucoup de dessin, de peinture, de collage pour travailler ma créativité, et surtout parce que j’adorais ça.

Finalement, ayant fait des études de biochimie, la vie me destinait à devenir ingénieur.  Et pendant mes études, j’ai souhaité retrouver cette formidable sensation et envie de créer. C’est à partir de là que je me suis initié à la photo, j’ai d’abord fait de la photo argentique en noir et blanc dans mon coin, pour finir en tant que photographe portraitiste saisonnier à la plage l’été et à la montagne l’hiver, comme job étudiant pendant 3 ans.

Une fois la vraie vie active lancée, j’ai continué à faire de la photo argentique couleur, puis progressivement en numérique, jusqu’à l’utilisation et mon perfectionnement en photomontage sous Photoshop, et de façon complètement autonome. J’ai ensuite couvert de nombreux concerts et cabarets burlesques à Paris.  En parallèle j’ai commencé à développer des projets de surréalisme photographique.

Comment s’est faite votre rencontre avec la scène burlesque parisienne ?

Très naturellement par amitié, ma meilleure amie était performeuse-danseuse contemporaine  pour des cabarets burlesques, et je la photographiais sur scène. De fil en aiguille, j’ai été reconnu par le milieu de la scène burlesque parisienne. La confiance installée, j’ai eu l’honneur et l’immense plaisir de couvrir de très nombreux cabarets burlesques de 2011 à 2016, à Paris.

Comment vous est venue l’idée de miniaturiser la femme ? Doit-on y voir un symbole de femme dominée par la mode, ses pulsions, le monde qui l’entoure ?

Tout d’abord la toute première idée a été d’effectuer des lévitations, pendant 4 ans j’ai fait « voler » des femmes dans les airs (450 fois) pour mon projet « Madame ne manque pas d’air ».  Ce choix s’est imposé rapidement car j’ai voulu détourné le concept de Pin-Up (représentation de femme, dessinée ou photographiée, dans une pose attirante ou sexy, que l’on épingle contre un mur) en Pin Up épinglée dans les airs.

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L’énième dimension n°5 – Matt Foxx

J’en viens à répondre à votre question :

Après 4 ans passé sur ce projet, il était important de me renouveler, et toujours dans le surréalisme.  En dehors du morphing qui est une technique largement utilisée, en termes de surréalisme, je me suis naturellement tourné vers la technique de miniaturisation.

J’ai donc eu l’idée de profiter de cette technique peu utilisée pour créer le projet « L’Enième Dimension ». Et en voyant l’enthousiasme des modèles au lancement du projet, je l’ai cadré pour qu’il devienne un projet porteur.

Vous pouvez voir ce que vous voulez au travers de ce projet, l’expression ou la défiance de la domination masculine, l’expression du féminisme, l’humour, la dérision, la sensualité ou l’érotisme tout simplement.

Mes projets photographiques sont avant tout un bac à sable, une zone d’expression libre pour moi et pour chaque modèle : en somme chaque photo est une co-création unique mêlant l’univers du modèle / ses envies / ses fantasmes, et mon univers créatif / mes fantasmes.

Peut-on dire que vous voyez la femme comme une bouffée d’air et une source de légèreté (au bon sens du terme) si on se réfère à la série « Madame ne manque pas d’air » ? ou alors le titre de la série montre que pour vous la femme est gonflée, qu’elle ose ?

Le titre du projet est un total jeu de mot, très burlesque.

Au départ cela devait s’appeler « Madame s’envoie en l’air », mais après discussion avec un groupe de copines, j’ai assoupli le titre et ainsi laissé libre cours à l’interprétation ; cela reste une phrase rigolote pour montrer que les femmes osent (pas les hommes 🙂 ), et qu’elles savent bien le faire. 

L’objet du projet était avant tout un clin d’œil au terme Pin Up et aussi pour montrer ma vision de la femme, sensuelle.

J’ai donc essayé à travers ce projet de marier la sensualité féminine et le burlesque, ce que j’espère avoir réussi. 

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Madame ne manque pas d’air n°125 – Matt Foxx

Dans le projet « Déshabille-moi si tu peux », vous utilisez le corps de la femme comme un support sur lequel on peut  imprimer comme sur du tissu ?

Tout à fait. Le principe de ce projet de nu a été d’habiller les corps d’images vidéo projetées, avec une notion de texture tel un tissu.

C’est en regardant un reportage sur les filles du Crazy Horse, et l’utilisation des vidéoprojecteurs en mouvement sur le corps des performeuses que l’idée m’est venue, mais j’ai voulu surtout prendre des angles de vue de côté (ou derrière la lumière) qu’un spectateur de face ne distingue pas en temps normal. Tous mes angles sont de côté pour intensifier l’habillage.

La femme est à la base de votre inspiration mais contrairement à d’autres artistes, elle n’est pas au centre de l’œuvre (sauf dans la série Close-up et Petite impertinente). Sa nudité, son érotisme deviennent un prétexte à une mise en scène (souvent burlesque d’ailleurs) et l’occasion de jouer avec les nouvelles technologies. Diriez-vous que ces photomontages se nourrissent et assouvissent votre imaginaire de peintre ?

Oui, c’est de la sensualité ou de l’érotisme en tant que prétexte à une mise en scène burlesque, mais pas que…   Trop souvent les modèles veulent des photos où elles sont l’unique centre d’intérêt de la photo ; cette façon de photographier type book de mannequin ou photo façon Dita n’apporte aucune histoire à la photo, c’est esthétique, très beau mais sans histoire.   Le constat est le même en spectacle, il est possible de photographier de 2 façons, soit en se focalisant sur la performeuse uniquement, et chercher uniquement l’esthétisme, soit en considérant le décor dans lequel elle s’inscrit et ça c’est vachement plus parlant ! Sans compter la notion de mouvement que j’ai très largement exploitée, tant en spectacle qu’en projet artistique.

Ce que j’adore le plus quand une personne regarde mes photos, c’est qu’elle s’aperçoive dans un second temps que la modèle est là et belle / rigolote / sensuelle et s’inscrit complètement dans le décor où elle est (histoire, interaction avec le décor, mouvements).

J’ai toujours le besoin de raconter une histoire même si elle ne tient pas forcément la route, et effectivement ce réflexe vient de mon expérience en peinture. C’est l’envie de se surprendre soi-même qui m’amène à nourrir mon propre imaginaire, et à l’exposer spontanément.

Quels sont vos projets artistiques ?

Projets réalisés :

  • « Madame ne manque pas d’air », des Pin-Ups épinglées dans les airs
  • « Petite impertinente », des plans rapprochés d’expression corporelle féminine
  • « Âmes Fétiches » – des nus féminins en reflet
  • « Déshabille-moi si tu peux », des projections sur corps féminins
  • « Nymphes », des nus féminins noir et blanc en forêt

Projet en cours :

  • « L’Enième Dimension », des corps féminins miniaturisés

Pour voir l’ensemble de mes travaux :


Patrick Blondeau

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Artiste original au style bien personnel, Patrick Blondeau a éveillé mon intérêt d’abord par son art érotique, découvert à la C.A.G, et ensuite au travers de ses autres facettes, que je me propose de vous faire découvrir avec cette interview :

– J’ai parcouru avec attention votre site  et j’ai découvert que vous aviez également un blog. Je me suis demandée pourquoi les deux n’étaient pas réunis en un seul ?

Mon site est apparu avant mon blog en fait. Son but premier était d’être la vitrine de mes diverses créations. Le blog s’est greffé à mon site par la suite pour faire état de mon actualité, de mes humeurs et pour être « tendance » :). Je l’ai quelque peu délaissé après mon inscription sur Facebook.

– Il y a beaucoup d’humour sur votre blog, le ton est très différent, mais on y retrouve ce même travail en série. Comment naît une série pour vous ? Elle s’impose d’emblée ou au fur et à mesure ?

Faire des séries me permet de développer le sujet choisi en pensant aux différents cadrages que j’aimerais voir finalisés. Elle naît à la suite de ma réflexion sur une matière que j’aimerais traiter, un sujet. Cela peut être lors de la découverte d’une image qui m’interpelle, m’amuse ou être une commande. Pour ma série « Fétish », c’est en découvrant les créations de vêtements de Patrice Catanzaro  qu’elle m’est venu.

– En quoi l’aérographe est-il l’outil idéal pour vous ?

Concernant l’aérographe, c’est une technique que je pratique depuis 1985, et comme la maîtrise s’obtient avec les années, je pense pouvoir dire que le temps à fait son œuvre. Je me sens à l’aise avec. C’est une technique idéale pour le rendu des matières. Elle m’a servi de longues années pour mon travail de peintre hyperréaliste publicitaire en créant des illustrations que l’on me commandait, cela allait du chocolat Lindt en passant par les chiens pour Fido, en trompe l’oeil pour les divers packagings. Quand j’ai développé mon travail personnel sur toile, j’ai conservé ma technique d’aérographe. Seul le sujet a changé. Techniquement cela reste identique.

– J’ai aussi découvert que vous aviez une belle plume, on prend un grand plaisir à vous lire, vous aimez écrire ?

Avec les années j’ai appris à aimer écrire, mais cela fut laborieux ! Je partais de loin. Jouer avec les mots, se jouer des mots, j’aime assez en fait.

– Le texte qui vous rend hommage L’homme précis est juste et beau, dans quel contexte a-t-il été composé par un mystérieux homme pressé ?

L’homme précis a été assez surpris en le découvrant, mon ego l’a apprécié ! Ce texte fut écrit par un proche qui me connait quelque peu, ainsi que mon travail. Il me fallait un texte pour ma plaquette, il m’a donc gentiment écrit cela de sa belle plume ! En voulant garder l’anonymat d’où les initiales L.B pour signature.

– Cette femme aux grains de beauté que vous déclinez est-elle un pur fantasme ou s’enracine t-elle dans une réalité ?

Pour tout vous dire, faisant de l’hyperréalisme, mon rendu final doit être au plus prêt de la réalité, les grains de beauté font partie intégrante de cette réalité, je m’amuse à en distiller de ci de là aux endroits stratégiques ! Je triche donc en invitant l’œil à se focaliser à leur endroit. Je crée le fantasme en en posant sur un galbe de sein, une cheville ou autre.

– Je trouve vos séries sur les voyages inventives, celle sur l’Afrique tout particulièrement, diriez-vous que votre ancien travail dans la pub a une influence sur votre style pictural ?

Mon travail de Peintre a été plus qu’influencé par mon travail publicitaire. Il en est la continuité. Inconsciemment ou pas d’ailleurs. Mes influences viennent aussi de certains artistes que j’admire et qui ont dû m’amener aux sujets que je traite, par exemple dans mon travail sur les a nus Hajimé Sorayama (peintre japonais) a été le déclencheur, « la » référence pour moi depuis que j’ai commencé l’aérographe. Norman Rockwell (peintre américain) avec ses compositions et mises en scène improbables fait aussi partie de mes inspirations.

– Quels sont vos projets et les endroits où l’on pourra venir voir vos œuvres ?

En parallèle de mon travail, j’ai commencé une nouvelle aventure picturale avec un artiste ébéniste, Didier Demé.  Nous créons des tableaux sculptés à quatre mains, lui en sculptant du médium (panneau de particules de bois) en trompe l’œil « façon carton » et moi en intervenant dessus. Nous interprétons et revisitons des œuvres d’art paternelles ! Nous exposerons au prochain GMAC fin octobre. Nous sommes sur Artmajeur.


Omar Ortiz

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Solo un detalle – Omar Ortiz

Omar Ortiz es un pintor mexicano de 40 años. Desde que le conocí, su trabajo me llamó la atención; y, con el tiempo, decidí contactar con él.

A Omar le gusta más un artículo que una entrevista. Por ello, voy a hablarles de lo que siento cuando veo su obra.

Su estilo es hiperrealista: centrado en la mujer, la femineidad y la sensualidad. Desborda mucha sensibilidad, mucha atención en el detalle; su tratamiento del color y de la textura de la piel son increíbles. Pinta la desnudez, que suele sublimar con una sábana blanca o una tela carmín. A menudo, en sus pinturas, Omar no nos permite ver la cara de la modelo, a la que representa de espaldas, escondida tras el pelo o con la cabeza desdibujada. Las posturas transmiten erotismo y sencillez, utilizando, para ello, la transparencia de la ropa o el contraste entre partes vestidas y desnudas.

Omar Ortiz también pinta naturalezas muertas pero, paradójicamente, con un rastro de vida: fruta recién comida, cesta de frutas debajo de un retrato de mujer, naranja media pelada… Juega con los símbolos femeninos, sexuales y mitológicos: ropa interior, manzana comida, toro próximo a una mujer desnuda, alas de ángeles.

Me encanta la obra de este artista. Diría que es un tipo de Zurbarán moderno por su manera de dibujar los tejidos, las naturalezas muertas, la mitología o el color rojo… Se puede visitar su galería aquí.


 

Rencontre avec… Johann Chaulet

Deux sociologues, Johann Chaulet qui a bien voulu répondre à  mes questions, et Sébastien Roux ont décidé de bousculer les idées reçues et de faire tomber les barrières en matière de sexualité et de handicap. Une démarche audacieuse et passionnante. Lire la suite


Rencontre avec…

Patrick Le Hec’h est un artiste qui cherche à repousser les limites. La peinture, le graphisme, la communication, soit ses premières activités créatrices, sont réunies dans la photographie qu’il façonne grâce aux possibilités technologiques actuelles. Ses photos assemblent clairement toutes ces composantes : on y voit ses inspirations surréalistes, un traitement très graphique de l’image et une lecture assez claire de ses questionnements.

– La femme nue est prégnante dans votre œuvre, mais plutôt que sensuelle, elle m’apparaît comme la matrice, l’origine du monde :

Oui effectivement, à savoir qui de l’œuf ou de la poule serait arrivé en premier, il me semble évident personnellement, que c’est l’œuf. Donc la femme est arrivée avant l’homme logiquement et dans le plus simple appareil ! lol .
 
– Comment se constitue une série ? Une première photo en entraîne une autre ou quand vous vous lancez vous avez déjà une idée de la façon dont vous allez la décliner ?

Lorsque j’ai une idée d’image, j’essaie de la matérialiser visuellement par différentes études préparatoires, parfois cela aboutit, parfois non. Il y a certaines séries que j’ai sous forme de maquette depuis plusieurs années, mais qui ne sont pas encore suffisamment élaborées pour les réaliser et les exposer. J’attends que cela mûrisse, contrairement à d’autres séries qui se déclinent spontanément. Pour les suites, j’essaie de ne pas me répéter et de faire évoluer l’idée de base…

Par exemple l’une des premières images que j’ai exposées en photo était une femme en lévitation au travers d’un miroir, sur un fond de ciel de Paris . C’était surréaliste, issu tout droit de mon imaginaire de magicien. En effet, je suis également illusionniste ce qui fut, et demeure une autre partie de mes activités artistiques professionnelles. Cette idée de miroir je l’ai fait évoluer avec un autre principe que j’avais testé des années auparavant, mais que j’avais délaissé.

Il y a une théorie  qui passionne actuellement tous les chercheurs, mathématiciens, astrophysiciens : la théorie des cordes qui pourrait unifier la théorie d’Einstein sur la relativité générale (l’infiniment grand de l’univers, les planètes, les galaxies, le cosmos) avec la mécanique quantique (l’infiniment petit des particules élémentaires). Cette théorie explique que tous les éléments de l’univers, à une échelle infiniment petite, sont composés de cordes d’énergie ou de vibrations, résonant sur des fréquences particulières. Si on change une de ces fréquences, on modifie la structure élémentaire de la matière. Si on avait la maîtrise de ces fréquences on pourrait avoir la maîtrise sur la matière et l’énergie qui nous entourent. J’ai appliqué cette théorie d’une façon poétique et surréaliste pour la série que j’ai nommée Quantum Mirrors (Miroirs quantiques). Les Miroirs quantiques tenus par d’élégantes déesses figées dans l’espace temps qui renvoient à la théorie des cordes, où tout n’est qu’énergie et vibrations interconnectées… la seule différence existante entre la matière, l’énergie, la lumière et une onde, c’est leur fréquence de vibration. Et je citerai ces deux auteurs :
« Les miroirs au lieu de refléter, feraient mieux de réfléchir !  » (Jean Cocteau) . « Le vrai mystère du monde est le visible et non l’invisible . » ( Oscar Wilde ).

– Quel est votre rapport à la spiritualité, à l’Univers justement très présent dans votre œuvre ?

Je pense que tout être qui a son libre arbitre, doit savoir remettre en question les fondamentaux basés sur la science classique, comme en matière de philosophie, de religion, de morale aussi… Il y a un proverbe qui dit :  « La religion a commencé lorsqu’un escroc a vendu un livre à un imbécile. » et une autre citation  qui oppose deux approches : « Un religieux lira un livre et il aura tout compris ! Mais un scientifique en lira des milliers et se posera toujours autant de questions !  »
Il y avait plusieurs réponses aux angoisses des hommes : la religion, la philosophie et la science. Mais maintenant il y aussi la métaphysique. Je ne suis pas religieux ni croyant, mais je suis spirituel et pencherais plutôt vers la philosophie bouddhiste et le Ying et Yang, la dualité de la nature, la matière et l’antimatière, etc. Certaines sagesses bouddhistes affirment que tout est vibration et que la vérité se trouve à la fois dans les hautes fréquences de l’univers et dans notre être. On s’aperçoit aussi que le courant des connaissances se dirige vers une réalité non mécanique, l’univers commence à ressembler davantage à une grande pensée qu’à une grande machine.

– La nature occupe une place importante chez vous, portez-vous des convictions écologiques ?

Il est bien évident que la nature, l’environnement sont importants à mes yeux , il faut être un gros crétin égoïste pour l’occulter et ne pas respecter cette terre qui nous nourrit et l’air que l’on respire !
Lorsque j’étais enfant à l’âge de 8/9 ans je réalisais mes propres jouets avec les moyens du bord, pots de yaourt, bouchons, allumettes, morceaux de cartons, etc. Je recyclais déjà inconsciemment ! lol .
La série WaterWorld est une réponse onirique et poétique aux excès des hommes qui exploitent à outrance notre pauvre planète ! Dans cette série, à la suite du réchauffement climatique, de la montée des eaux, la nature reprend ses droits et les animaux de la savane et de la jungle envahissent les villes.

– La série de photos avec ses femmes emprisonnées dans des bouteilles et autres récipients procure un malaise, mais finalement assez vite évacué. En effet, la beauté des corps et décors ne prend-elle pas le pas sur le message ?

Pour cette série Virtual prisons (les prisons psychologiques, addictions et obsessions de nos contemporains) l’apparence, l’ambiance, la lumière et l’esthétique attirent d’abord le regard, et la symbolique des thèmes suscite ensuite la réflexion et l’interrogation de l’observateur comme dans Eternal Love prisonnière de ses sentiments, Time is Money prisonnière de l’argent – Nous mêmes sommes tous prisonniers de notre inconscient comme le suggère l’image Crystal river .

– Quels rapports entretenez-vous avec Igor et Grichka Bogodanoff ?

Je suis un ami de longue date de Grichka et Igor Bogdanoff, personnages publics fort sympathiques, mathématiciens , écrivains très cultivés et talentueux. Ils m’invitaient chez eux lors de soirées artistiques conviviales, il y avait différents artistes, des écrivains et philosophes aussi comme Luc Ferry (ancien ministre)…  Je participais à leur soirée en surprenant les convives avec quelques prestations de magie. Ils m’avaient amicalement écrit un très joli texte pour la série Origins.

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Patrick Le Hec’h entouré des frères Bogdanoff

– Patrick Le Hec’h êtes-vous un anxieux qui introduit la magie et la poésie dans le quotidien pour alléger son angoisse ou un optimiste qui perçoit de la poésie un peu partout ?

Einstein a dit : « Il y a deux sortes d’individus, ceux qui pensent que les miracles n’existent pas.  Et ceux qui pensent que chaque choses est un miracle. » Je fais partie, c’est une certitude,  de la seconde catégorie ! Le simple fait d’exister, de respirer, de voir, de sentir, d’avoir des multitudes d’émotions, c’est pour moi miraculeux !!
Mon travail dont les thèmes sont les préoccupations de notre époque se nourrit de l’iconographie universelle. Contrairement à beaucoup d’artistes qui expriment leurs obsessions narcissiques, je ne tiens pas à projeter dans mes œuvres le mal de vivre, les tourments, les névroses, etc.
Je préfère exprimer la sérénité, la beauté, la poésie, même pour des thèmes qui peuvent sembler difficiles et tragiques… La provocation malsaine, le vulgaire, le sordide, le trash ne feront jamais  partie de mon art… Le pessimiste regarde les épines, mais moi je regarderai toujours la rose et humerai son subtil parfum.

– Où vous retrouvera-t-on après cette expo à la Concorde Art Gallery et quels sont vos projets ?

Après la Concorde Art Gallery, j’enchaînerai le 27 avril en exposant pendant 5 jours sur un grand stand au Salon d’art contemporain de Bastille. Début mai, je devrais aller à N.Y et Miami rencontrer plusieurs grandes galeries américaines pour des projets d’expo . A mon retour des USA, mon agent en Suisse doit organiser une expo dans un grand hôtel à Genève. Plusieurs expositions seront prévues également à Paris dans divers lieux et galeries.


Rencontre avec..Thomas Baudel

Portrait Thomas Baudel

Découvert à la Concorde Art Gallery, c’est un illustrateur touche à tout. En effet, il crée aussi bien des affiches que des BD, en passant par le dessin technique ou le webdesign et bien d’autres choses encore. Définitivement Rock, son travail est joyeux, coloré et on sent qu’il s’amuse. Il possède une identité visuelle très forte.

  • A quel moment avez-vous compris que vous aviez un don artistique ?

A vrai dire j’ai jamais considéré avoir un don artistique, j’ai eu l’envie de raconter des histoires et il s’est avéré que j’arrivais mieux a sortir ce que j’avais dans la tête par des images plutôt que des mots, au départ c’était par mes petits dessins animés, aujourd’hui c’est à travers mes illustrations et bandes dessinées que je m’exprime.

  • Devenir illustrateur s’est imposé à vous comme une évidence ?

Pas du tout, j’ai d’abord été attiré par la musique. J’ai été batteur dans un groupe pendant une dizaine d’années et par défaut, je m’occupais des visuels du groupe et de tous les éléments de communication, des affiches au site web. Lorsque le groupe s’est arrêté, ayant entre temps vraiment pris goût à la création de tous ces visuels, j’ai décidé de m’y consacrer pleinement en mettant la musique de côté. J’en joue encore mais juste pour moi, par plaisir.

  • La première fois que je suis tombée sur un flyer Rock Artwork, j’ai cru qu’il s’agissait d’un travail collectif. Ne seriez-vous pas un peu hyperactif ?

Aujourd’hui avec tous ces logiciels sur le marché qui facilitent le travail et une grande curiosité, on peut aisément étendre sa palette. Quand on souhaite raconter des histoires, savoir tout faire ou presque en matière d’infographie, c’est vraiment l’idéal, pour moi, pour toujours repousser mes limites. C’est devenu une vraie passion et j’y consacre énormément de temps.

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Un enfer !

  • En introduction je dis qu’on sent que vous vous amusez, je me trompe ?

Mes illustrations ou histoires ont toujours été de véritables exutoires. Elles me permettent de chasser le négatif dans l’auto dérision ou de sortir ce que je n’ose pas dire. Je ne me prends jamais au sérieux et j’invite mes modèles à en faire autant.

  • Justement, les filles que vous représentez me font penser à la chanson de Cindy Lauper : Girls wanna have fun. Elles semblent s’amuser elles aussi :

Lorsqu’elles viennent poser pour moi, elles viennent avec leur propres tenues et accessoires et je tiens à ce qu’elles restent elles mêmes, pour avoir une grande diversité de portraits. Tout ce que je leur demande, c’est d’oublier les réflexes de modèle, tout ce que les autres pourraient leur demander, de rester naturel. Je ne suis pas directif en séance, j’ai souvent des suggestions qui peuvent paraître bêtes mais qui en amusent certaines. Lorsqu’elles sont prêtes à me suivre dans mon délire, alors on arrive à un résultat vraiment fun qui donne naissance à mes réalisations les plus réussies.

  • La photo qui illustre votre bio dégage une certaine gravité. On s’attend au contraire à voir quelqu’un qui « se marre » :

Je me montre rarement en photo, je préfère toujours me cacher derrière un autoportrait débile. J’ai fait cette photo à l’arrache à bout de bras juste avant de partir au boulot, pour les besoins de la galerie, mais elle disparaîtra vite :).

  • Avez-vous des projets qui vous tiennent à cœur dans les mois qui viennent ?

Je travaille actuellement sur un album qui rassemblera toutes mes histoires sorties dans les revues et fanzines, ainsi que des histoires inédites. Cela devrait bien m’occuper ces prochains mois :).

 


Rencontre avec…  Elka Léonard

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Découverte à la Concorde Art Gallery, cette artiste est conteuse. Ses tableaux foisonnant de détails, mêlent les époques, les voyages, les influences. Ils narrent (parfois avec une pointe d’humour) un univers féminin érotique, libertin et un brin SM, le tout de manière joyeuse et chamarrée.

– A quel âge avez-vous commencé à peindre ?

Cela fait un peu plus de 20 ans que je peins. Toujours sur le même sujet, la femme. Des court-métrages qui mettent en scène des femmes libres, courtisanes, muses assumant leurs choix et image, en usant même. On y retrouve la douceur des boudoirs, l’esthétisme des lieux et des parures de ses femmes magiques, où le songe se mêle au réel. Elles suivent leurs rêves, s’affichent et se dérobent… A la fois soumises et rebelles, entre fantasme et réalité. Des femmes fortes, volontiers dominatrices, qui n’ont pas peur de communiquer leur désir et d’affirmer ce qu’elles veulent. Ce travail pictural s’intitule : « Mes Aristochattes ».

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James

– Le choix d’abandonner la carrière d’expert-comptable a-t-il été difficile ?

Je suis passionnée et excessive. Et j’ai décidé de tout arrêter un jour où les heures s’égrenaient trop lentement.Je travaille aussi dans l’immobilier, où je continue d’exercer mes talents dans mon ancien domaine.Utile, car grâce à cette activité, j’ai pu acheter deux locaux commerciaux que j’ai transformés en Galerie à Guéthary et que j’ouvre cette année.

– Dans votre bio, vous parlez, je cite : « d’univers onirique fantasmé », mais on a envie de vous demander quelle est la part du vécu, d’autant qu’on vous reconnait dans ces portraits de femmes ?

Je puise mon inspiration dans chaque étincelle de la vie.Et sinon je dévore tout ce qui me passe sous la main, les yeux, les oreilles… Je suis curieuse de tout, de mode, de décoration, de politique, d’art… J’aime une expression de François Rabelais qu’il utilisa dans le prologue de son deuxième roman Gargantua [2]  « la substantifique moelle », c’est ce que je recherche tout le temps. Ce qui rend la vie intense.

– En tout cas, vous affichez clairement vos influences (Picasso, Gauguin, Klimt) et vos goûts : Lenny Kravitz, l’art déco et les années 30 :

Adorant la décoration, je crée le cadre idéal au scénario que j’écris. De ce fait, mes Aristochattes évoluent dans des univers typés, empreints d’histoire et de références. Références à des décorateurs, peintres, créateurs, designers… Offertes ou dissimulées sur la toile, ces références offrent des pistes au spectateur pour comprendre l’histoire, faisant de lui le détective du roman.

L’univers que j’affectionne particulièrement est celui de l’époque Art déco/Années folles, car proche de ma personnalité. J’aime par-dessus tout l’aspiration nouvelle à la liberté et à la joie de vivre, la grande effervescence culturelle et intellectuelle de cette époque, marquée par la créativité et l’exubérance. Paris qui devint, pour certains, le centre des plaisirs et d’une vie au luxe ostentatoire, pourrait être le cadre de vie des Aristochattes. Comme les acteurs de cette époque, j’ai le goût de l’excentricité et de la nouveauté. Cela se retrouve dans mes scénarios, dans lesquels on retrouve également une certaine liberté vestimentaire et sexuelle qui pourrait conférer à mon travail un petit parfum de scandale…

– Chez vous les femmes, on l’a dit,  sont clairement libres, indépendantes et dominatrices. Les hommes qu’on aperçoit incidemment de ci de là ne sont ni sexy ni virils, à l’opposé de Lenny Kravitz. Serait-ce un des rares hommes à vous faire fantasmer ?

L’homme est peut-être rarement représenté, mais il est toujours présent : en ombre portée, par un élément du tableau auquel je l’assimile (en lien avec l’histoire écrite). Ainsi il pourra prendre l’allure d’un pharaon, d’un taureau… Mais il est aussi présent dans le regard porté sur la femme, par la discussion que laisse entendre le titre que je donne à chaque œuvre. Et effectivement peu d’hommes me font fantasmer…

– Parfois vous écrivez une petite note pour accompagner le tableau. L’écriture est-elle aussi une tentation pour vous ?

Le titre est presque aussi important que la peinture elle-même dans la compréhension du scénario. Il est le préalable, en tout cas, à la réalisation de l’œuvre. J’écris le scénario et ensuite je le peins. Mes tableaux se suivent. L’histoire de chaque œuvre fait partie de l’histoire que je raconte au fil du temps. Je raconte la vie, les jours qui passent dans la vie de mes Aristochattes. Non l’écriture n’est pas une tentation à part entière, car j’écris des choses plutôt noires et je peins en couleurs :).

– Quels sont vos projets dans un futur proche ?

Une expo à New-York en avril que je prépare assidûment et l’ouverture de ma galerie à Guéthary avec plein d’artistes, que je souhaite transformer en « place to be ».


Rencontre avec… Donald Sheridan (english version below)

 

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Découvert lors de la dernière exposition de la Concorde Art Gallery, Sensual paintings 3, Donald Sheridan a aimablement accepté de répondre à quelques questions pour moi.

– A quel moment as-tu pris conscience de ta capacité à peindre ?

Pas vraiment une prise de conscience, mais un cheminement qui a commencé dès le plus jeune âge. A l’âge de 7 ans, j’étais déjà fasciné par certaines toiles. J’avais déjà ce que j’appelle la « sensibilité ».

La sensibilité  est, à mon sens, une dimension, un préalable obligatoire. Vous ressentez l’œuvre et la matière dont elle est faite. Elle vous emporte. Vous communiquez à la fois avec le sujet, le modèle, et l’artiste.

Vient ensuite la technique. Mais la technique, c’est une question de pratique. Ça s’acquiert. La sensibilité est une chose innée.  Elle n’est pas l’apanage du plus grand nombre.

– A quel moment as-tu décidé de te dédier entièrement à ton art ? Cette décision a-t-elle été difficile à prendre?

Je ne me suis pas encore intégralement voué à mon « art ». J’ai fondé une famille et j’ai un boulot qui nous assure le confort. Mais j’aimerais opérer une transition dans un avenir relativement proche. Ce n’est pas facile. J’ai peu de temps pour peindre et je suis obligé d’ « optimiser »  ce temps, ce qui génère un grand stress. La réflexion tient une part aussi importante que le passage à l’acte (c’est à dire le poser du pinceau sur la toile).

– Es-tu d’accord quand je dis que je vois une influence de l’Expressionnisme dans ton travail ? 

Définis-moi l’expressionnisme !

– je dirai que c’est un style direct, réaliste, qui ne cherche pas à enjoliver ni à adoucir, les couleurs sont plutôt froides. C’est une peinture qui va à l’essentiel, qui ne fait pas dans la fioriture :

Sans doute. Il faut dire que je n’ai pas encore de style qui me soit propre. Je me cherche encore.

– Vois-tu un lien entre ton style artistique, selon moi tu peins la réalité telle qu’elle est, et ton dégoût pour l’hypocrisie ?

J’ai grandi à l’école de l’hypocrisie. Ma mère était passée maître en la matière, raison pour laquelle j’ai toujours du mal à me fier aux dires des autres, y compris ceux qui admirent mon travail.

Non, en fait, je ne vois pas vraiment de lien. Par contre, je vois beaucoup de bluff dans le monde de l’art. J’essaye de rester intègre avec moi-même.

– Comment te vient l’inspiration ?

Pour les nus, c’est évident. Peindre un nu, c’est aussi jouissif que de lui faire l’amour. En fait, c’est une forme de viol platonique. C’est très flatteur quand une personne se donne à toi, offre sa nudité à ton regard inquisiteur.

Pour les portraits, il faut qu’il y ait une étincelle dans le regard du modèle. Le défi, c’est précisément de capturer cette étincelle.

– Dans quel état es-tu quand tu peins ?

Peindre un portrait nécessite beaucoup de concentration. C’est épuisant. Excessivement déprimant quand tu le rates, très gratifiant quand tu le réussis.

Peindre un nu, ma foi, comme je l’ai dit, c’est un acte amoureux.

– Comment t’es tu fait connaître ?

Je ne suis pas encore connu…

– Quels sont tes projets ?

Les projets foisonnent dans ma tête. C’est le temps qui me fait défaut. J’aimerais bien rencontrer un mécène qui puisse me financer pendant quelques mois, voire un an, pour me permettre de me consacrer entièrement à ma peinture. Je sais que, tôt ou tard, je percerai. Je préférerais que cela advienne tôt.

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While exhibiting at the Concorde Art Gallery, Sensual paintings 3, Donald Sheridan kindly agreed to answer a few questions.

– When did you become aware that you had a knack for painting?

It was a gradual process, but I suppose it started very early, when I was an infant. At the age of seven I was already stirred by certain artworks.  I was already endowed with a certain  sensibility.

Sensibility is, in my opinion, a precondition. You must “feel” the artwork and the matter it is made of. It carries you away. You communicate with the subject, the sitter and the artist, even if they are long gone.

Then comes the technique. You acquire, develop it with practice. No big deal. Artistic sensibility, on the other hand, is something which is innate. Not everyone has it.

– When did you decide to devote yourself to your art? Was is a tough decision?

Well, I wish I could devote all my time and being to it. As it happens, I have a family and a job which ensures us a minimum of comfort. But I hope that, in a somewhat near future, it’ll become my sole profession. It isn’t easy. I have very little time to paint and I’m compelled to “optimize” this little time, which generates a great deal of stress. So, reflection and the actual act of painting are on equal terms.  

– Do you agree if I tell you that I spot an expressionist streak in your work?

Can you define expressionism?

– I’d say that it is a “direct” style, realist, forward, even a bit blunt, which doesn’t seek to embellish things. Your colours are not necessarily bright. Your painting is unadorned and seems to care only for the essential.

Probably. I must confess that I haven’t really found my style yet.

– Do you see a connection between your current style -you paint reality as it is- and your disgust for hypocrisy?

I grew up with it. My mother was a master in the art of hypocrisy. Which is why I’m always sceptical. I can’t seem to trust anyone anymore. Even those who admire my work.

No, in fact, I don’t think there is a connection. On the other hand, I see a lot of bluff in the art world. I try to remain honest with myself.

– How do you get inspiration?

For the nudes, it’s obvious. Painting a nude is tantamount to making love. In fact, it’s a platonic rape. Kind of. It’s very flattering when a girl agrees to pose in the nude and gives herself, surrenders her intimacy, to your scrutinizing stare.  

For the painting of portraits, it’s not so different. The challenge consists in seizing, grabbing, capturing the spark which resides in the eyes of the sitter.  

– How do you feel when painting?

Painting a portrait requires a lot of concentration. It’s exhausting. Very depressing when you fail, extremely rewarding when you succeed.

Painting a nude is, as I said, an “acte amoureux”.

– How did the public come to know you?

The public doesn’t know me. Not yet.

– What are your projects?

I’ve got many projects. But I don’t have enough time. I wish I could meet a patron, a sponsor who would support me for a few months, or a year, so that I could devote my entire being to those projects. I know that, sooner or later, I will make it. Sooner would suit me better.

While exhibiting at the Concorde Art Gallery, Sensual paintings 3, Donald Sheridan kindly agreed to answer a few questions.

– When did you become aware that you had a knack for painting?

It was a gradual process, but I suppose it started very early, when I was an infant. At the age of seven I was already stirred by certain artworks.  I was already endowed with a certain  sensibility.

Sensibility is, in my opinion, a precondition. You must “feel” the artwork and the matter it is made of. It carries you away. You communicate with the subject, the sitter and the artist, even if they are long gone.

Then comes the technique. You acquire, develop it with practice. No big deal. Artistic sensibility, on the other hand, is something which is innate. Not everyone has it.

– When did you decide to devote yourself to your art? Was is a tough decision?

Well, I wish I could devote all my time and being to it. As it happens, I have a family and a job which ensures us a minimum of comfort. But I hope that, in a somewhat near future, it’ll become my sole profession. It isn’t easy. I have very little time to paint and I’m compelled to “optimize” this little time, which generates a great deal of stress. So, reflection and the actual act of painting are on equal terms.  

– Do you agree if I tell you that I spot an expressionist streak in your work?

Can you define expressionism?

– I’d say that it is a “direct” style, realist, forward, even a bit blunt, which doesn’t seek to embellish things. Your colours are not necessarily bright. Your painting is unadorned and seems to care only for the essential.

Probably. I must confess that I haven’t really found my style yet.

– Do you see a connection between your current style -you paint reality as it is- and your disgust for hypocrisy?

I grew up with it. My mother was a master in the art of hypocrisy. Which is why I’m always sceptical. I can’t seem to trust anyone anymore. Even those who admire my work.

No, in fact, I don’t think there is a connection. On the other hand, I see a lot of bluff in the art world. I try to remain honest with myself.

– How do you get inspiration?

For the nudes, it’s obvious. Painting a nude is tantamount to making love. In fact, it’s a platonic rape. Kind of. It’s very flattering when a girl agrees to pose in the nude and gives herself, surrenders her intimacy, to your scrutinizing stare.  

For the painting of portraits, it’s not so different. The challenge consists in seizing, grabbing, capturing the spark which resides in the eyes of the sitter.  

– How do you feel when painting?

Painting a portrait requires a lot of concentration. It’s exhausting. Very depressing when you fail, extremely rewarding when you succeed.

Painting a nude is, as I said, an “acte amoureux”.

– How did the public come to know you?

The public doesn’t know me. Not yet.

– What are your projects?

I’ve got many projects. But I don’t have enough time. I wish I could meet a patron, a sponsor who would support me for a few months, or a year, so that I could devote my entire being to those projects. I know that, sooner or later, I will make it. Sooner would suit me better.


Rencontre avec… Veroski 

veroski

Découverte lors du vernissage Erotic drawings, à Concorde Art Gallery, cette artiste atypique m’a très aimablement reçue chez elle avec son mari. Son parcours et sa personnalité m’ont touchée.

Veroski a découvert son talent, par hasard, à 33 ans après un choc. Elle a emprunté le matériel d’une amie peintre, comme ça pour voir, et ce fut la révélation. Son amie lui dit alors qu’elle avait instinctivement créé ce qu’elle-même cherchait à produire depuis des années. C’est ainsi que Veroski s’est mise à peindre sans relâche par besoin, pour se sentir légitime dans ce qu’elle faisait, pour progresser, pour se prouver qu’elle ne s’orientait pas dans cette voie-là par fainéantise ou pour s’isoler. Chaque trait sur la toile était comme un signal envoyé à l’Univers, elle se disait que quelqu’un finirait bien par capter son message. Aujourd’hui, c’est chose faite, Veroski a trouvé son public qui ne cesse de s’élargir.

Grâce aux méthodes et matériaux d’impression actuels,  le support n’impose plus aucune limite aux peintres, les œuvres peuvent être imperméables, inaltérables, imprimées sur des moquettes, etc. C’est ainsi que  l’été dernier les toiles de Veroski agrémentaient les jardins de Private-Party en Belgique. Certains établissements de nuit comme le Club enfin, également en Belgique, ornent leurs murs de son travail.

Lors de notre rencontre, j’ai pu porter mon regard sur l’ensemble des créations de cette artiste, qui était Véronique avant sa période érotique. Son art depuis le départ est pulsionnel, sans détour, vital. Le trait jaillit sans qu’elle sache clairement ce qui va sortir de ses doigts. Le besoin est si impérieux qu’elle peint souvent plusieurs toiles à la fois, ne pouvant interrompre le mouvement le temps que son travail sèche. Veroski n’utilise pas seulement le pinceau, le tracé est fait à l’aide d’un morceau de bambou qui a la forme d’un porte-plume, le « kalamos ». Cela ajoute à la fulgurance de son dessin. Chez Véronique, beaucoup de personnages souvent en groupe, mais dont on sent la solitude, l’absence de contact. Chez Veroski, l’érotisme les a réunis, ils se  voient (il y a presque toujours un spectateur), ils se touchent, ils se pénètrent, les  voilà en lien.

Les œuvres de Veroski ont un réel succès à l étranger et vous pouvez retrouver son travail grâce au site libertin Spicy-Match, qui a tellement apprécié son style, qu’une page (Spciy Match Veroski) lui est offerte pour y exposer virtuellement une partie de sa production.


Rencontre avec… Guillaume Strohl

Portrait Guillaume Strohl

Découvert lors du vernissage Sensual Paintings 2, Guillaume Strohl a une vision de la vie qui m’interpelle parce que proche de la mienne : ne pas renier ce que l’on est, croire en ses rêves et ses passions, ne rien lâcher même si cela exige des sacrifices et des prises de risque. Enfin, toujours aller en progressant tout en préservant son équilibre.

J’ai été surprise en visitant votre site de voir d’une part la douceur et la sensualité féminine et de l’autre des animaux tels que le taureau et le tigre :

Il faut savoir que je me consacre à une série par an, je m’y dédie entièrement. Donc oui j’ai une série sur le taureau, j’aime représenter sa force et sa puissance. De plus, je prends maintenant beaucoup de plaisir à jouer avec la lumière et les contrastes. C’est aussi ce que j’aime avec la série femmes de pierre, j’oppose la matière rigide  et les courbes sensuelles. Dans la série Street Art, le fil de fer épais m’a permis de décomposer le mouvement et la gravité grâce à un effet de texture.

Mais ses femmes n’ont pas seulement des courbes sensuelles, elles ont aussi un regard intense :

Oui c’est par le regard que passe l’émotion, ça rend le dessin vivant.

Votre style semble rassembler toutes vos influences : le Street Art de Banksy et Ernest Pignon Ernest et les nus d’Omar Ortiz :

Oui ce sont mes mentors et ils me touchent pour des raisons différentes, ce qui m’a amené à personnaliser mon oeuvre en mêlant réalisme et Street Art.

Quand on regarde votre site, on remarque une évolution entre les femmes de pierre et les femmes de rouille :

Oui l’hyperréalisme n’est pas ma direction, ni mon mode de travail. Dans l’hyperréalisme on efface toute touche personnelle pour coller au plus près du réel. Dans mon cas, y compris dans la traduction de toiles du XVIIIe, les gens reconnaissent mes tableaux, ils identifient mon style alors même que j’ai du mal à savoir ce qui me distingue des autres. De plus, l’hyperréalisme demande plusieurs mois de travail sur la même toile. Moi je produis une toile à la fois et j’y passe huit ou dix jours. Je ne veux pas m’enfermer dans un travail obsessionnel. Je referai des séries sur les femmes, parce que c’est ce qui m’inspire, mais dans un style plus suggéré comme dans les femmes de rouille.

En fait vous mettez le Street Art en cadre :

Oui pour l’instant je travaille dans un univers fermé, je suis seul dans ma bulle. Cependant je projette de peindre sur de grands murs, de faire de très grands formats. C’est une de mes prochaines étapes.

Justement quels sont vos projets ?

Actuellement je travaille sur une série manga des années 80. J’ai grandi avec Dragon Ball Z et c’est là que j’ai commencé à dessiner. Je vais peut être exposer cette série à la galerie d’art La Bohême  à Deauville. J’ai peut être des opportunités à Berlin et à Dampierre. Sinon à la fin de l’année, j’exposerai à Los Angeles avec Elisabeth Daynès qui fait de la reconstruction paléontologique. Donc un univers totalement différent, mais justement ce contraste est sympa.

 Que retirez-vous de votre expérience à la Concorde Art Gallery ?

Cela m’a beaucoup plu. C’était mon premier vernissage à Paris et j’ai aimé travaillé avec Patrice Dohollo, ainsi que le moment de partage avec les gens. J’ai rencontré et échangé avec des artistes qui ont une approche totalement différente de la mienne mais tous ces styles se mélangeaient bien.


 

 Rencontre avec… Chrislen 

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 Chrislen, autre artiste découverte lors de l’exposition Sensual Paintings, peint des corps charnels qui émergent derrière des couleurs parfois éclatantes et d’épaisses couches de peinture. J’ai ressenti une grande vitalité. Sa vision de la sensualité féminine rejoint totalement la mienne.

J’ai remarqué que le corps féminin était central dans votre oeuvre

Au départ mon art était à la limite du figuratif et de l’abstrait, mais même dans ce cadre là je ressentais le besoin de représenter des corps. Puis j’ai commencé à travailler les corps proprement dits et je ne me suis plus arrêtée. J’aime le vivant, le sensuel, les rondeurs et la douceur de la femme. Certaines femmes me disent que ma peinture exprime quelque chose qui reste enfoui chez elles, j’adore ces moments-là.

Il y a de l’amusement dans votre peinture, comme dans ce tableau avec la fille aux yeux de cartoon 

En fait il s’agit d’un autoportrait (rires). J’ai vu ce tableau en rêve et je l’ai matérialisé. C’est devenu le point de départ de mon travail actuel. J’ai continué à m’amuser à faire des gros plans et notamment dans la série avec les animaux. Puis j’ai continué avec les humains. Je cherchais un parallèle entre les hommes et les animaux, je voulais montrer le mélange de force et de fragilité dans chaque être. C’est comme ça que j’ai mis l’accent sur le regard.

Ah oui justement, il y a une série sur le regard dont l’intensité  m’a impressionnée

oui, je veux que l’accès à la personne passe par le regard.

Dans votre série Acryliques et encres sur papier l’énergie semble se libérer, il y a une fulgurance

Quand je dessine, je suis dans une concentration différente par rapport à  la toile. Bien que le geste soit plus précis, il est aussi plus rapide. La toile, je la gratte, la frotte, je recouvre, je noie le dessin. Mais maintenant je parviens à retrouver la transparence et le dessin dans mes toiles également, ce qui n’était pas possible tant que je me focalisais sur la matière.

Il faut savoir qu’au départ mon rapport à la toile était douloureux, à la fois psychologiquement et physiquement. J’avais un lien charnel avec la toile, je grattais, je frottais, c’était violent, je pleurais. C’était comme un accouchement. C’était un travail vers l’acceptation de soi et de mes imperfections. J’ai beaucoup de mal à accepter que ce que je fais ne soit pas parfait. Depuis deux ans je suis apaisée et plus je me sens bien et plus mon oeuvre s’améliore.

Vous semblez très éclectique aussi bien dans votre style, que dans les supports ou techniques utilisés

J’ai envie de tout essayer, même quand cela semble m’éloigner de ce qui caractérise mon oeuvre. Mais en fait, je me suis rendue compte que tout peut être regroupé et intégré dans un même travail.

En quoi consiste la série Camera Rossa ?

C’est ce qu’on appelle le cliché-verrre, qui est une technique ancienne et oubliée. Je recouvre une plaque de verre d’acrylique en bombe, puis je travaille dessus avec des instruments de graveur. Mon ami qui est photographe pose la plaque traversée par la lumière de l’agrandisseur sur du papier photo, puis il développe le cliché. Cela me permet une vraie recherche sur la lumière, les parties transparentes, sans peintures font réagir le papier qu devient noir, les espaces translucides donnent des tons gris tandis que là où la lumière ne passe pas, le papier reste blanc. Je peux corriger ensuite en opacifiant davantage.

Comment vous est venu ce procédé d’épaisseur de la peinture pour marquer l’usure, le temps qui passe et le souvenir ?

Les choses me viennent par hasard. Au début je n’avais pas d’argent, alors je travaillais sur de vieilles toiles que je recouvrais. A certains endroits la peinture n’adhérait plus, laissant apparaître l’oeuvre antérieure et j’y ai vu comme un symbole de la mémoire et du temps qui passe.

Quels sont vos projets ? Où vous verra-t-on prochainement ?

Cet été je serai présente sur les marchés d’art en Bretagne, à Saint Cast le guildo  et à Carantec, en juillet et en août. En septembre, je participerai à l’exposition 4Art aux Blancs Manteaux, à l’exposition 3F à Bruxelles et peut être au Gmac à Bastille.


 

Rencontre avec… Anne Bert 

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Anne Bert est un auteur de romans érotiques, mais pas seulement, loin s’en faut ! Elle dit d’elle même qu’elle est un écrivain de l’intime. C’est ce qui fait la qualité de son oeuvre érotique ou non. L’érotisme chez Anne Bert, même s’il est dense n’est pas un prétexte, il  donne une tonalité à un ouvrage déjà riche. L’intensité vient d’abord de l’écriture qui est soignée, des personnages construits, consistants, des relations complexes qu’ils entretiennent les uns avec les autres et de l’atmosphère qui nimbe l’ensemble.

Le plaisir que j’ai à lire cet auteur, la performance rare qu’elle réalise ont éveillé ma curiosité et m’ont donné envie de la rencontrer. Je pressentais que derrière ces récits il y avait une personnalité ample et un être de valeur. Je ne m’étais pas trompée ! Ce fut un merveilleux moment passé ensemble. Je vous en livre un aperçu :

Vous expliquez que vous êtes publiée depuis 2009, alors je me demandais quelle était la vie d’Anne Bert avant cela ?

Je travaillais pour le Tribunal d’instance, j’étais mandataire judiciaire à la protection des majeurs. En tant que tutrice j’ai découvert la solitude, la misère, le handicap. J’ai toujours été attirée par ce qui n’est pas sous la lumière des projecteurs. Je faisais cela dans un cadre privé, ce qui me permettait d’établir une véritable relation. Je m’occupais seulement de quelques personnes qui n’étaient pas de simples numéros dans un organisme institutionnel. Cela m’a beaucoup appris et apporté.

Cependant, j’écris depuis toujours. Je n’avais pas l’idée de publier mais ma sœur, en qui j’ai une grande confiance,  m’a encouragée. C’est comme ça que j’ai commencé à envoyer des manuscrits aux maisons d’édition.

Dans Perle, j’ai ressenti fortement votre indignation envers ce que peut être la famille. Je retrouve cela dans votre billet sur Vincent Lambert.

La famille c’est compliqué et l’amour peut être néfaste. Je pense que l’univers familial ne permet pas de développer l’harmonie des membres qui la composent. C’est un formatage. Certaines personnes ont été choquées par mes propos dans Perle, ont trouvé cela violent. Selon moi,  le désir d’enfant relève d’une part d’égoïsme. Par ailleurs, j’ai voulu montrer que l’on peut se construire indépendamment de sa famille. Si l’on sort du schéma de l’enfant victime de ses parents, de son histoire alors il devient responsable de sa vie. Dans mon recueil, S’inventer un autre jour, j’explique qu’il n’y a pas de fatalité. Nous sommes dotés d’une forme de résilience. J’aime déconstruire les idées reçues. Je trouve que nous vivons une période où tout est « stérilisé », où les gens ne prennent plus la peine de réfléchir. Je ne me sens pas faite pour cette époque.

Les scènes sexuelles que vous décrivez sont très visuelles, très élaborées. Où les puisez-vous ?

Je suppose qu’elles naissent un peu de moi, de ce que ma tête et mon corps me racontent. J’ai une imagination débridée. J’ai horreur de la routine. Ensuite, elles se nourrissent de ce que les gens me racontent, leurs goûts et leurs dégoûts. Enfin, l’inspiration peut venir d’une image, d’un tableau. J’ai une grande mémoire visuelle. L’imaginaire se met en marche et  je vois les scènes se dérouler sur un écran blanc. Pour moi les mots naissent de la chair, il n’y a pas d’un côté le corps et d’un autre la tête. La vie est dans l’érotisme et il réunit les deux.

J’ai trouvé à plusieurs reprises dans votre travail le thème du clivage entre vie publique et vie intime.

Oui, on fait le grand écart. Parfois, on subit cette dichotomie toute sa vie ou alors on saute le pas. Dans mon cas personnel, j’aurais aimé oser plus tôt. J’admire les gens qui osent. Quand j’ai commencé à publier, sous mon vrai nom qui plus est, cela a provoqué un big bang dans la famille. Moi je suis trop préoccupée par les conséquences que cela peut avoir sur mes proches. Mais je trouve la vie intérieure plus réelle que la vie extérieure. D’ailleurs,  mon entourage dit qu’on me connait mieux au travers de mes écrits que par ma parole. L’aspect positif que je pourrais retirer de ma maladie, c’est qu’à présent je peux me permettre d’être moi-même et cela me procure une forme de soulagement.

Depuis votre maladie (SLA), vous créez également avec vos mains pour les garder agiles. Notez-vous des similitudes avec la création littéraire ?

J’aime naviguer d’une forme d’expression à l’autre, cela permet d’exprimer plus de choses. A travers, le dessin, la peinture, le collage on peut accéder au subconscient. C’est une forme d’écriture automatique, on est sans filtre, dans un geste primaire qui me plait. Je ne cherche pas la perfection, quand j’ai fini je n’y reviens pas. C’est un besoin pulsionnel.

Pour en revenir aux ponts qu’il peut y avoir entre les formes de créations, le danseur et chorégraphe, Sylvain Groud s‘est inspiré d’une nouvelle de mon recueil  L’eau à la bouche pour une mise en scène du Sacre du Printemps. Cela m’interpelle qu’au moment où moi je ne peux plus bouger, on mette en mouvement ce que j’écris.

Avez-vous un livre en chantier ?

Ma maladie change l’éclairage du regard que je pouvais porter sur la vie jusqu’ici. J’écris là dessus. J’ai aussi un manuscrit à propos du mensonge, probablement le dernier…

 


 

 Rencontre avec… Cédric Marachian 

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Cédric Marachian est un artiste-peintre autodidacte d’inspiration expressionniste. Je l’ai découvert lors de l’exposition   « Sensual Paintings » , à Concorde Art Gallery. J’aime ses nus, les jeux de couleurs qui enflamment la toile, l’expression des visages. Gentiment, Cédric a accepté de répondre pour moi à quelques questions :

A quel âge avez-vous commencé à pratiquer la peinture ?

D’aussi loin que je me souvienne, je dessine. Mais la peinture  proprement dite  est venue à moi il y a une quinzaine d’années…  un peu par hasard. Je tentais de percer dans la BD lorsque qu’un  galeriste m’a proposé une expo si je me lançais sur toile. Et j’ai      trouvé la peinture bien plus libératrice que le dessin.

Pouvez-vous retracer les grandes lignes de votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Je suis autodidacte. Après un début d’activité professionnelle en 2000 sous le pseudonyme de Hamlet1888, le masque est tombé en 2012 et je suis parti peindre pendant 1 an chez l’habitant à travers l’Europe, avec le projet « tOitS & mOi ». De retour en 2014, j’ai exposé depuis à Milan, Paris, Londres et Stuttgart. Je travaille avec plusieurs galeries en expo permanente à Paris, Lyon, Strasbourg, Bayeux et encore Stuttgart (je suis un amoureux de l’Allemagne). Signer sous mon vrai nom a été une révolution dans ma vie et une libération pour ma peinture…

En quoi l’expressionnisme vous touche –t-il particulièrement ?

Egon Schiele. Est-il besoin d’en rajouter ?

Vous semblez porter un intérêt à l’art en général. Votre ancien pseudo Hamlet 1888 me fait penser que  le théâtre occupe chez vous une place de choix.

Même si effectivement, j’ai toujours aimé les collaborations avec le théâtre, la musique ou encore l’écriture, le choix du pseudo Hamlet est trompeur car sans lien direct avec Shakespeare, je le dois à mes origines en fait.

Quels sont vos projets à plus ou moins long terme, où vous retrouvera-t-on prochainement ?

Je finis donc l’expo avec la Concorde Art Gallery ; fin mai je participe à la 25ème Biennale PONT sur L’ART à Vire en Normandie, puis, en Juin-Juillet après de longues années sans y exposer, je serai de retour « à la maison »,  à la Chapelle du Lycée de Tournon-sur-Rhône en Ardèche. Enfin, en Septembre-Octobre, c’est Stuttgart et Fellbach en Allemagne…en attendant la suite !


Rencontre avec… Sylvie Magnin 

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Artiste autodidacte, Sylvie Magnin s’est inventé un joli titre : Artistante car elle ne vit pas – encore –  de sa peinture. Elle est assistante dans un grand groupe français. Elle s’est découvert une passion pour le Street Art, pendant un voyage londonien. J’ai connu son travail lors de l’exposition Sensual paintings, à Concorde Art Gallery. Charmante, pétillante, pleine de vie, elle s’est prêté pour moi au jeu de l’interview.

Vous dites que vous avez toujours dessiné, sur les marges des cahiers à  l’école, lors d’un emploi précédent sous forme de BD pour supporter une ambiance délétère ou encore inspirée par votre fils. Qu’est-ce qui a fait que vous êtes passé au dessin sur grand format en 2005 ?

Avec une amie, j’ai découvert le pastel. L’amélioration de la technique conduit à libérer le geste, ce qui nécessite un plus grand format. Au début on a peur parce qu’on pense que les défauts seront plus visibles sur grand format. En fait, c’est faux parce qu’une plus grande liberté du geste amène à un meilleur résultat.

Que permettent le Street Art et le collage que ne permet pas le pastel ?

Lors d’un voyage à Londres, j’ai suivi la visite guidée d’une exposition sur le Street Art. Cela a été une révélation, je me suis dit : c’est ça que je veux faire ! Le pastel demande une grande patience, que je n’ai pas toujours. Le Street Art est une technique plus spontanée, plus rapide, plus dynamique. Je tiens à dire que tous mes collages ont un sens. Je choisis les papiers en fonction de leur provenance. Par exemple, pour le tableau Red Light, qui se réfère au quartier rouge d’Amsterdam, les morceaux de papier viennent tous de là-bas. De même, pour le tableau sur Miles Davis, les collages sont issus uniquement d’articles le concernant et de partitions m’appartenant.

La place de la femme semble centrale dans votre oeuvre ?

Je ne suis pas inspirée par les natures mortes, une pomme sur une table reste une pomme sur une table. En revanche, l’univers de la femme est infini. Tout comme les visages d’enfants ou de femmes de différents pays. Je recherche l’invitation au voyage, un tremplin pour l’évasion.

Quelle est la place de la musique dans votre vie ? Elle est très présente dans votre travail.

Je suis choriste dans un groupe de jazz. Je n’ai plus le temps de m’y consacrer depuis mon inscription à la Maison des artistes. Cependant, je reste proche de mon ancien groupe en dessinant les affiches de leurs spectacles.

Envisagez-vous de vivre de votre art un jour ?

C’est très difficile. Exposer coûte extrêmement cher, de même que créer étant donné le prix du matériel. Ensuite, il y a des arnaques dont il faut se méfier (pseudo galeristes). Puis quand on regarde, les inscriptions à la MDA, on note que le nombre d’inscrits explose, on est de plus en plus nombreux. Enfin, parfois on expose et on ne vend pas. Bon, on en retire une visibilité, une expérience à citer sur le CV. La vente c’est la cerise sur gâteau.

Mais je ne désespère pas, j’étudie comment pénétrer le marché de l’art, comment trouver son public. Je me confronte à l’expérience d’autres artistes qui ont percé. Je souhaiterais aussi voyager davantage pour nourrir mon travail. Je pars toujours avec mon bloc à dessin pour faire un carnet de voyage. Dans un premier temps, ce serait bien que je parvienne au moins à rentabiliser l’achat de matériel et les frais d’exposition.

Depuis un an, j’ai quand même la satisfaction d’avoir fait 3 expositions et plusieurs ventes. Alors je me dit que je dois avoir ma place. J’aimerais aussi pratiquer des prix abordables pour que ma peinture soit accessible à tout un chacun.

Quels sont vos projets ?

Un concours international au Luxembourg, le Art Prize. Vingt artistes seront sélectionnés pour une exposition en septembre et le vainqueur touchera une enveloppe de 25.000 €. Enfin, un autre concours à partir de modèles vivants à Villecresnes en septembre


 

Rencontre avec… Lucy Michiels 

Profil

Née en 1973 à Valenciennes (ville artistique), Lucy Michiels est peintre autodidacte. Je l’ai découverte lors de l’exposition Sensual Paintings.

Dès l’enfance, elle réalise des portraits à la mine de plomb. Après avoir essayé le pastel, puis le modelage en terre cuite (en travaillant toujours des personnages), sculpté des portraits en bas-relief dans des planches de bois (tilleul, hêtre ou noyer), burin et ciseaux à bois en main, elle adopte finalement en 2010 la peinture à l’huile et ne peut en sortir.

La douceur de l’huile, ses couleurs, son temps de séchage correspondent à son rythme de travail. Grâce à des livres à propos des meilleurs artistes, à certaines découvertes sur le web, mais surtout à de belles rencontres avec des peintres confirmés (et souvent devenus ses amis), elle améliore sa technique et fait émerger sa personnalité à travers ses peintures.

Lors de ses séances photo, ses modèles posent en ayant une élégance, une douceur et un charme qui correspondent à son style artistique. « Quand je peins, le temps s’arrête et mon esprit divague tant dans mes pensées que dans ma toile, une ambiance musicale m’accompagne, et s’installent ainsi une concentration et un bien-être extrêmes. La beauté des visages et des corps m’attirent beaucoup, ainsi que les sentiments qu’ils dégagent. Un regard, un léger sourire en disent parfois plus long que de jolies paroles. »

Sa devise est la suivante : «  L’art, c’est la contemplation, c’est le plaisir de l’esprit qui pénètre la nature et qui y devine l’esprit dont elle est animée. », Auguste Rodin.